N° 265, août 2013


­­ 4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    Actualité
 9    Confidences
10    Actualité
11    Solidité des banques ? 
12    Humour
13    Baromètre
15    Premiers vols vers Tahiti
21    Iaorana de Simone
22    BD
23     A la Cour...   
24    Casino = utopie ?
25    TikiLeaks
26    Rapport de la CTC
35    Anna Chevalier
39    Encore du courrier
41    Art
43    Nouvelle : A vélo
48    Les événements du Pacifique en juin-juillet
49    Les événements de Tahiti en juin-juillet
50    Balises des îles­­




HUMOUR


 

 

 


Quelle déception !

Jusqu’en 1965, l’unique intérêt de la France pour la Polynésie française était de piller les rares ressources que nos îles éloignées offraient, c’est-à-dire les phosphates de Makatea à travers la CFPO (Compagnie française des phosphates de l’Océanie) et le coprah, alors expédié exclusivement à Marseille. La vanille et la nacre, seules, étaient laissées au marché libre. Jusqu’en 1964, le budget du territoire, alors essentiellement alimenté par une taxe sur les phosphates et les droits d’entrée des marchandises, devait même payer les salaires des fonctionnaires d’Etat expatriés à Tahiti, du gouverneur au petit comptable. Hormis la construction de l’aéroport de Tahiti Faa’a lancé en 1958, la France n’avait absolument rien investi à Tahiti dans les infrastructures depuis l’établissement de la colonie en 1880. Les réseaux hydrauliques étaient mis en place par les chefferies à Tahiti ou la mission dans les archipels, l’électricité par le privé, etc. En fait, entre 1880 et 1964, les Etablissements français d’Océanie (EFO), devenus Polynésie française en 1956, vivaient en autarcie.

Tout changea avec l’arrivée du CEP, des essais nucléaires. En effet, la France se rendit vite compte que, dans nos îles oubliées, il n’y avait pas la moindre infrastructure, même pas un quai digne de ce nom, capable d’accueillir et servir la plus grande aventure militaro-industrielle de son histoire qu’elle mettait en place à Tahiti. Tout était donc à faire.
Et ce fut le début du boum, avec de monumentaux travaux lancés de toutes parts, sur les sites militaires comme à Tahiti. Et d’une colonie jadis gratuite pour la France, Tahiti devint de plus en plus dépendant, financièrement mais aussi culturellement, de la métropole. Une dépendance qui n’a cessé de croître, même après l’arrêt des essais nucléaires en 1996, pour atteindre en 2012 les 180 milliards Fcfp (1,5 milliard d’euros) de transferts de l’Etat au territoire. Pourquoi et comment une telle dépendance a-t-elle pu se mettre en place ? Comme nous l’avons précédemment détaillé maintes fois dans nos pages, c’est arrivé essentiellement par l’introduction d’une société de consommation dans une société sans grande production (quelqu’un doit bien payer, et il n’y a que la France !) ; mais aussi parce que l’arrosage financier continuel a enrayé l’émigration traditionnelle des îliens lorsque les ressources locales limitées ne suffisent plus à offrir un cadre de vie dans la dignité à la population (voir l’exemple de Wallis et Futuna, parmi tant d’autres). Or, malgré l’accroissement constant des subsides (transferts), le maintien de ce système économique digne d’Alice au Pays des Merveilles a commencé à se désagréger car depuis 2000, non seulement on a tenté de le maintenir via la dette (doublée en 8 ans, pour atteindre 92% du PIB) tout en ne parvenant pas à relancer la croissance, bien au contraire puisque le PIB a baissé de 20% en 10 ans.
Il est donc indéniable que le schéma d’une croissance grâce à une société de consommation est utopique dans nos îles où en 2012 on a importé 158,5 milliards Fcfp de marchandises pour n’en avoir exporté que 11,8 milliards (chiffres ISPF ; même si on ajoute quelque 40 milliards Fcfp de services – tourisme – on peine à atteindre 30% de couverture), tout le reste étant de la générosité de la part des contribuables français. En fait, la Polynésie française s’est prise dans un piège inextricable, comme les gouvernements successifs l’ont tous réalisé mais ne veulent surtout pas l’admettre. Il faut donc essayer de faire perdurer le plus longtemps possible la folie économique actuelle, surtout qu’elle est la base même de l’aisance de la caste bourgeoise de Tahiti devenue nos nouveaux aristocrates ; ils sont devenus riches sans risque et peu de travail, c'est ça le progrès.

Et comme ce système fonctionne depuis 40 ans, nos dirigeants, quelle que soit leur idéologie, ne connaissent rien d’autre, surtout que 98% sont issus du cocon protégé de la fonction publique. Alors le grand show du nouveau gouvernement Flosse en juillet a été de partir à Paris pour tenter de “faire les poches” de tous les ministères parisiens, prétextant « solidarité », « progrès » ou « développement » pour… encore maintenir le système en vie. Pas une idée nouvelle, pas une stratégie crédible, pas une remise en question du système, pas une lueur d’espoir, bref, quelle terrible déception !

Encore plus stupéfiant est le rapport 2012 de l’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM) publié le 17 juin. Préparé par le gratin des grandes écoles de France, par des experts nationaux des finances publiques et de l’économie, que proposent ces spécialistes comme moyen de relance ? Lisez donc :
« En 2012, la crise économique s’est poursuivie en Polynésie française. Commande publique et consommation des ménages, les deux moteurs traditionnels de la croissance, sont toujours en panne.  Attentisme, morosité, atonie : autant de termes entendus ou ressentis tout au long de l’année 2012. Et de fait, l’attente persiste sur le redressement effectif des finances du Pays, essentiellement pour restaurer la capacité financière du Territoire : (= relance de la commande publique = rebond de l’activité + investissements des entreprises = création d’emplois = relance de la consommation). » (sic !)
En bref, pour ces sommités économico-financières nationales, toute reprise économique à Tahiti ne pourrait être basée que sur une « relance de la commande publique » (financée par la France, bien sûr, il n’y a pas d’autre “tonton gâteau”) pour « relancer la consommation » dans nos îles où, justement, l’importation de la société de consommation a détruit le tissus social et apporté la pollution ! Et en plus, ceci alors que la France elle-même, ayant perdu ses industries grâce à ses syndicats politisés saboteurs et sa fiscalité confiscatoire, souffre des mêmes symptômes que Tahiti.

A part cela, nous vous souhaitons une bonne rentrée et plein de bonheur, en vous remerciant de votre fidélité.


Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

3 juin - Le président Flosse annonce une réforme de la fiscalité qui allégera les charges sur les petites entreprises pour demander aux plus grosses "un effort plus important." La CST sera augmentée auprès des revenus les plus élevés.

4 juin - La commission des finances de l'assemblée vote la baisse de 10% des indemnités des ministres et représentants territoriaux
- Le tribunal du commerce nomme un mandataire ad hoc pour le groupe Casino, en difficulté.
- Melba Ortas nommée chef de cabinet du président Flosse.

5 juin - Nouvelles aides sociales proposée par Flosse : 6000 Fcfp en plus pour le minimum vieillesse, 1000 Fcfp en plus pour les allocations familiales, 35 à 50 000 Fcfp d'aides mensuelles aux familles dans le besoin.
- Le dossier chinois aquacole Jingmin est récupéré par le gouvernement Flosse.

6 juin - Graves inondations à Hiva Oa, aux Marquises, essentiellement à Atuona.

9 juin - Fin du mandat de Bruno Barrillot à la tête de la commission du suivi des essais nucléaires. Le sénateur Tuheiava explique que Flosse « a voulu "montrer patte blanche" avant de se rendre à Paris. »

10 juin - Hiria Ottino est nommé en charge de la délégation des affaires internationales à la présidence.

11 juin - Après 27 ans à sa tête, Christian Vernaudon quitte Air Tahiti « pour des raisons personnelles liées à sa santé ».
- Lara Dupuy perd son poste de rédactrice en chef de La Dépêche, remplacée par Damien Grivois.

17 juin - Vodafone inaugure son réseau de téléphonie mobile en Polynésie après 5 années de luttes et d'embûches pour casser le monopole Vini-OPT.
- Le Conseil d'Etat annule deux lois du Pays sur les retraites au motif qu'elles ont été débattues en tahitien, ce qui coûte 3,8 milliards Fcfp à la CPS, déjà en grande difficulté..

19 juin - Rere Puputauki, après plus d'un an de prison, bénéficie d'une permission de sortie de dix jours. Il purge toujours deux peines de deux ans et un an de prison ferme au centre pénitentiaire pour "homicide involontaire et "travail dissimulé".
- Brigitte Girardin nommée "représentante spéciale" de la Polynésie à Paris. Elle sera en charge du "pacte de croissance" que Flosse veut signer avec le gouvernement Hollande.
- Quatre employés d’une boutique de Bora Bora de Robert Wan ont volé pour 110 millions Fcfp de perles.

20 juin - Procès de Temauri Foster pour  "favoritisme" dans l'attribution du marché de l'informatisation de l'OPT à la société Sofrecom en 2004, qui a coûté 600 millions Fcfp et n'a jamais fonctionné.
- Au Brésil, devant 70 000 spectateurs, l'équipe de foot U20 de Tahiti s'est inclinée 0 à 10 face à l'Espagne,

23 juin - Le président Flosse est en tournée officielle aux Australes.
- Le territoire rachète l'ex-hôtel Maeva Beach pour 950 millions Fcfp.

25 juin - Une étude montre qu’en Polynésie française, plus de 18% de la population est atteinte de diabète.
- Louis Wane, propriétaire des Carrefour, Hilton et du Saint-Régis de Bora Bora, vient de racheter l’hôtel White Sand Beach de Fakarava (fermé depuis un mois) pour 155 millions Fcfp.

27 juin - Sur le départ, le procureur général Serge Samuel dévoile aux Nouvelles au sujet des affaires économiques et financières : “Nous faisons appel aux enquêteurs du Dnif, malheureusement pour des raisons budgétaires, ils ne peuvent plus venir. Mais nous avons quand même des enquêteurs spécialisés ici. Ce qui a baissé, c'est le nombre de saisines par la chambre territoriale des comptes”. Et “la CTC représente ici l'essentiel des moyens par lesquels le parquet a connaissance de quelques faits concernant des infractions économiques et financières.”

29 juin - Petite cérémonie sans envergure pour la fête de l’autonomie. Flosse déclare : « Nous ne voulons pas être colonisés par l'ONU ».
- Mehiata Tiaria, 21 ans, est élue Miss Tahiti à la mairie de Papeete. Elle est conseillère clientèle à la Polynésienne des Eaux…

2 juillet - Sur les augmentations de taxes, Gilles Yau, président de la Fédération générale du commerce, commente : « Les trains de vie du Pays, de l'assemblée et de l'administration pèsent de façon très lourde sur le budget. On est un peu dans un pays de Cocagne où l'on a semé des fonctionnaires et il y pousse des impôts ». Christophe Plée de la CGPME regrette « qu'il n'y ait pas de réforme fiscale de fond par rapport à la fiscalité sur les salariés et les non-salariés. »

3 juillet - Flosse présente en grande pompe son projet baptisé "Mahana Beach". Le Maeva Beach va être rasé pour créer une vaste zone touristique entre la marina Taina et le Bel Air, s'inspirant de l'exemple hawaiien. Le “petit Waikiki” local devrait sortir de terre d'ici cinq à sept ans et les travaux vont commencer avant la fin de l'année.
- La mairie de Moorea a été condamnée à indemniser la famille d’un paddle-boarder qui s'était noyé en novembre 2011 à Haapiti car le bateau des pompiers était hors d'usage depuis plusieurs mois. La commune devra verser plus de 15,5 millions Fcfp à la famille.
- Présentation du collectif budgétaire :
800 millions Fcfp pour le financement du départ de 200 agents administratifs d'ici la fin de l'année. 1 000 départs volontaires sont espérés d'ici la fin 2015. « Le Pays compte solliciter le concours de l'Etat à hauteur de 50% pour financer ce plan de départs volontaires. »
 

4 juillet - Annonce de la création d’un poste pour Teiva Manutahi : "Médiateur de la Polynésie".
- Le marché de l'automobile à Tahiti est en crise. En cinq ans, les ventes ont chuté de 50%.
- Cora Flosse (fille de son père) est nommée chef de cabinet du ministre du Tourisme.
- La délégation de la Polynésie à Paris change de nom : "Direction des services de la Polynésie française à Paris".

5 juillet - Premier mariage homosexuel (deux hommes) célébré en Polynésie française, à Moorea. Une vingtaine d'opposants, 6 gendarmes et 2 mutoi étaient présents pour contenir d'éventuels débordements.

7 juillet - Démarrage du chantier de la nouvelle prison à Papeari.

9 juillet - Le vice-président Nuihau Laurey, aussi ministre des Finances, déclare : « Je me demande si la Grèce ne se porte pas mieux que nous ».
- Annonce de la possibilité de la venue de compagnies aériennes chinoises sur une ligne entre Shanghaï et Santiago ou Sao Paulo, via Tahiti.
- Depuis février, 169 cas de dengue ont été constatés. De Tahiti et Moorea, l'épidémie s'est portée à Fakarava, Rangiroa et Bora Bora.

11 juillet - L'assemblée vote la résurrection du haut-conseil dont la tête va être confiée à Stéphane Diemer. Les nouvelles taxes ont aussi été votées : la TVA sur les services passe à
13% et la CST reste inchangée en dessous de 250 000 Fcfp par mois.

14 juillet - Défilé avenue Pouvanaa a Oopa.
- Le président Flosse, Michel Paoletti, le vice-président Nuihau Laurey et trois ministres partent pour Paris.

15 juillet - Rere Puputauki est mis en examen pour “ meurtre, enlèvement et séquestration en bande organisée” dans l’affaire JPK.

16 juillet - L'affaire des emplois fictifs de Flosse se retrouve relancée : la cour administrative d'appel de Paris a rejeté ce 3 juillet le recours de Flosse contre un vote de l'assemblée de PF de 2008 qui refusait une "utilité publique" aux contrats-cabinets [emplois fictifs] de Flosse de 1996 à 2004.
- Expulsion manu militari des squatteurs de Outumaoro à Punaauia, des "sujets du royaume de Pakumotu".

18 juillet - Remise des prix du Heiva. Les grands vainqueurs en danse sont Hei Tahiti et Ori i Tahiti.

19 juillet - 129e synode de l'église protestante maohi.

21 juillet - Mise en redressement judiciaire de la clinique Paofai suite au dépôt de bilan du gérant de la clinique, Jacques-Henri Favier.
- Dépôt de bilan de Falletta avec ses trois magasins Casino qui accumulent 2 milliards Fcfp de dettes auprès de plusieurs centaines de fournisseurs locaux.

22 juillet - Le conseil des ministres a approuvé les comptes de l'exercice 2012 du régime des salariés de la CPS : les retraites de la tranche A affichent le plus gros déficit avec
-5,5 milliards Fcfp et le rendement des cotisations des ressortissants du régime des salariés a baissé de 2% entre 2011 et 2012.
- Flosse et sa délégation sont reçus à l'Elysée… par le secrétaire général adjoint : « l'Etat accompagnera les efforts de redressements significatifs »…

23 juillet - Le Géant Casino de Punaauia ferme ses portes après le dépôt de bilan annoncé. Il sera resté ouvert moins d'un an… Mais les casinos Arue et Papeete restent ouverts.
- Flosse demande le dépaysement de son procès Haddad en appel. En première instance, Flosse a été condamné pour son "pacte de corruption" avec Hubert Haddad à cinq ans de prison ferme.

25 juillet - La délégation tahitienne à Paris demande au ministre délégué au Budget une avance de trésorerie qui “sera examinée en urgence”. Elle demande aussi que l'Agence française de développement puisse davantage intervenir en Polynésie française et en particulier comme chef de file d'un pool bancaire.
- Ouverture d’une conférence « Prévention du suicide et santé mentale dans la région du Pacifique occidental » à Tahiti.
- Mise en examen de Jacques Derue, directeur de l'Etablissement public d'aménagement et de construction (ex-EGT) pour "favoritisme" dans le marché public de 2005 de construction de l'hôpital.

26 juillet - Le président Flosse a quitté Paris pour Honolulu.

29 juillet - Violent incendie au Heiva de Bora Bora : six baraques en pandanus et six véhicules se sont enflammés et ont été complètement détruits.

30 juillet - 25e congrès des communes des
48 municipalités de la P.F.

31 juillet - La 7e vente aux enchères organisée par le Groupement d'intérêt économique (GIE) Poe o Rikitea a vu plus de 250 000 perles vendues pour un montant approchant les
330 millions Fcfp.
- Standard and Poor's confirme la note BB+ de référence à long terme de la Polynésie française.
AdP

AdP


Evénements dans le Pacifique Sud

  3 juin - Le Samoa se relève doucement. Selon les derniers chiffres disponibles, l'économie du Samoa commence à relever la tête 6 mois après le passage du cyclone Evan en décembre 2012. Le cyclone Evan a eu un impact majeur sur l'économie samoane, le plus grand choc économique de ces 20 dernières années.

4 juin - L'Inde et la Chine, source des plus grandes migrations vers l’Australie. Une nouvelle analyse des services de l'Immigration indique que 7 des 10 pays sources des nouveaux arrivants sont asiatiques. L'Inde et la Chine sont à l'origine du plus important nombre de migrants qui s'installent de façon permanente en Australie : 29 000 sont venus d'Inde et 25 000 de Chine pendant l'année financière 2011 - 2012. Cette analyse montre aussi que la population australienne née à l'étranger a augmenté de plus de 40% entre 1996 et 2011 pour atteindre 6 millions.

5 juin - Des policiers de la région des Hauts Plateaux de Papouasie Nouvelle-Guinée ont été surpris en flagrant délit par leur chef qui a vu des policiers derrière des barrages routiers illégaux où ils demandaient une centaine de kinas (près de 50 dollars australiens) à tout conducteur qui désirait poursuivre sa route. Un péage en quelque sorte.

6 juin - Air Pacific change de nom. La compagnie aérienne fidjienne remonte dans le temps et reviendra  le 27 juin à son appellation d'origine : Fiji Airways, comme c'était le cas jusqu’en 1958.
- Fidji centre numérique des communications du Pacifique Sud. Foyer du réseau Southern Cross, le principal lien de télécommunication entre l'Australie et les États-Unis, Fidji reçoit maintenant des demandes d'autres nations océaniennes de la région qui désirent se connecter au système.

10 juin - Sorcellerie : 40 morts en 4 ans sur l'île de Bougainville. Une violence qui touche principalement les femmes accusées de sorcellerie.

11 juin - Menaces sur les Accords de partenariats économique (APE) qui entendent développer le libre échange entre l'Union européenne et les pays dits ACP (Afrique - Caraïbes - Pacifique). Et les nations du Pacifique viennent de jeter une bombe ou disons un ultimatum : « Il faut conclure les négociations avant la fin 2013 ou nous nous retirerons de ces négociations… si aucun progrès tangible n'est fait d'ici là, cela pourrait être la fin de ces 10 longues années de négociation ». La pêche et l'accès aux marchés seraient les principaux points de ces négociations.

12 juin - Exode des Samoans vers la Nouvelle-Zélande. Une tendance révélée à l'occasion du lancement du Samoa Quota Ballot 2013. Un système qui permet à 1 100 Samoans de migrer chaque année en Nouvelle-Zélande.

13 juin - L’ouverture de la plus grande conserverie de thon du Pacifique Sud dans la ville industrielle de Lae devrait créer 7000 emplois sur le long terme. La Papouasie Nouvelle-Guinée a bien l'intention de devenir un acteur mondial dans l'industrie de transformation du poisson et veut détrôner la Thaïlande, considérée comme le numéro un mondial dans la transformation de thonidés. 18% des prises mondiales de thon s'effectuent en Papouasie Nouvelle-Guinée.
- Le haut-débit à Tonga. Un câble sous-marin à fibre optique de 826 kilomètres au départ de Fidji a maintenant atteint Tonga. Ce projet de 34 millions de dollars est financé par la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement et Tonga Communications Corporation.

14 juin - Le Queensland recouvre ses pertes : près de 12 millions dollars des 16 millions volés dans les caisses des Services de santé par un faux prince « tahitien », Joël Morehu-Barlow, ont été récupérés. Flambeur, dandy, escroc, Maori et pas prince tahitien comme il le prétendait, Barlow purge une peine de
14 ans de prison. La police a réussi à récupérer l'argent volé dans les comptes en banque du faux prince et par la vente des biens saisis après sa condamnation.

20 juin - L'Association de l'industrie du thon régionale estime que les gouvernements du Pacifique doivent protéger les pêcheurs locaux de leurs concurrents chinois subventionnés. Leurs prises de thon blanc ont  augmenté de manière exponentielle au cours de ces  5 dernières années et environ 1300 thoniers chinois sont actuellement en opération dans le Pacifique.

21 juin - Les importations de produits australiens vers Fidji représentent plus de 400 millions de dollars américains par an tandis que les exportations de Fidji vers l'Australie s'élèvent à 179 millions de dollars.

26 juin - Début des travaux au Samoa de construction d'un complexe touristique de 60 millions de dollars sur l'île de Taumeasina, une île artificielle aménagée prés de la capitale, Apia. Un projet financé par une société de Papouasie Nouvelle-Guinée.

1er juillet - La croissance démographique inquiète en Papouasie Nouvelle-Guinée. Selon le recensement 2011, le pays compte 7 059 653 habitants. La population a doublé en 30 ans.
- Pénurie de main d'œuvre aux Îles Cook. L'industrie du tourisme emploie 6 000 personnes à temps plein dont 1 800 travailleurs étrangers.

2 juillet - Tourisme : le Samoa vise la Chine. L'ambassadeur samoan en Chine a indiqué son espoir de mettre en place des vols directs entre Chine et Samoa. Actuellement, les touristes chinois sont contraints de passer par l'Australie, la Nouvelle-Zélande et Fidji pour se rendre au Samoa. En 2012, 2000 visiteurs chinois se sont rendus au Samoa. Des investisseurs chinois envisagent désormais de construire des hôtels au Samoa.

8 juillet - Fort séisme de magnitude 7,3 sur l'échelle de Richter au nord de la Papouasie Nouvelle-Guinée et îles Salomon. Pas d’alerte au Tsunami.
- Les habitants des atolls de Lord Howe, Luaniua et Sikaiana, au large de Malaita, aux Îles Salomon, demandent leur transfert sur la grande île. Le niveau de l'océan monte, leurs îles s'enfoncent, avec en plus son phénomène de salinisation et donc d'infertilité des sols. Mais il n'y a pas que le changement climatique. La population augmente beaucoup sur ces atolls.
- Les États-Unis ratent le test de leur intercepteur de missile balistique au-dessus du Pacifique. Le missile, lancé depuis la base de Kwajalein, aux Îles Marshall, devait être détruit par l'intercepteur, lancé lui, de Californie. C'est le dernier épisode d'une série noire. L'intercepteur de missile américain n'a passé aucun test depuis 2008. 30 intercepteurs sont basés en Alaska et en Californie et ont coûté 34 milliards de dollars. Leur principal rôle est de défendre le territoire américain de tout attaque nord-coréenne.

15 juillet - Les jeunes Français débarquent. L'Australie est tendance, très tendance. Selon des chiffres publiés dans le quotidien national The Australian, 26 000 français sont officiellement arrivés en Australie avec des visas vacances-travail au cours du seul premier trimestre de cette année, c'est-à-dire le double du nombre il y a 10 ans. Et il n'y a pas que les Français, le nombre d'Italiens et d'Allemands a également augmenté, respectivement de 7,3% et de 12,3%.

16 juillet - L'ambassadeur de France à Fidji a félicité le gouvernement de Franck Bainimarama. Lors d'un discours prononcé à l'occasion du 14 juillet, l'ambassadeur Gilles Montagnier a indiqué que la France est satisfaite des actions prises par l'actuel gouvernement pour organiser des élections libres et transparentes en 2014. Il a également souligné le manque de considération affiché par une minorité d’Etats à propos de la Polynésie française, une minorité qui s'ingère dans les affaires intérieures de la France et a salué le gouvernement fidjien pour “son attitude équilibrée”.

18 juillet - Aux Îles Salomon, Bluewater Metals demandent aux habitants de la province de Temotu d'autoriser l'exploration du plancher de l'océan. La compagnie minière australienne est déjà titulaire d'une licence d'exploration dans 12 sites au large des îles. Si elle trouve les gisements d'or escomptés, elle promet de rénover l'aéroport et l'hôpital de Lata. Mais les habitants de la province de Temotu sont très réticents, et réclament des royalties conséquentes.

19 juillet - Les Papous ont manifesté devant le Parlement à Port-Moresby. Ils en ont assez de la violence, et la dernière attaque sur le campus de la fac de médecine dimanche, perpétrée par une trentaine de militaires, a exaspéré la population. Des dizaines d'étudiants et employés de la fac ont été blessés par ces militaires, armés de pistolets, machettes et barres à mines. Trois militaires ont été interpellés depuis. Les causes de cette attaque seraient une querelle autour d'un distributeur de billets, entre étudiants et militaires.

23 juillet - À Tonga, une violente bagarre a opposé deux lycées rivaux. Taniela Halahuni, 22 ans, est toujours entre la vie et la mort. La moitié des 147 lycéens de l'établissement de Tupou ont été placés en garde à vue et pour certains, en détention provisoire. Ils sont accusés d'avoir attaqué la maison dans laquelle vivaient un professeur et plusieurs lycéens d'un établissement rival, le Tonga College. Ça a commencé par des jets de pierre sur la maison, puis la situation s'est envenimée. Deux lycéens sont donc à l'hôpital avec des blessures graves à la tête. La rivalité entre le Tonga College et le Tupou College dure depuis des décennies. Le Tonga College est un lycée de garçons, 100% public, tandis que le Tupou College est un établissement religieux, géré par l'Église Wesleyenne.

25 juillet - Le milliardaire australien Clive Palmer, magnat des mines, a obtenu le feu vert de la justice du Queensland pour construire le plus grand parc de dinosaures du monde - avec 160 spécimens. Il en avait déjà érigé deux, grandeur nature, dont un T-Rex, dans le parc de son hôtel à Sunshine Coast. Les riverains, qui se plaignaient du boucan des enregistrements de rugissements de dinosaures, ont été déboutés.

26 juillet - Samoa, Tonga et Tuvalu ont signé un protocole d'accord pour la création d'un service régional pour le commerce et le développement dans le Pacifique. Le dispositif a déjà été approuvé par Kiribati et le Vanuatu en mai et en juin. Il s'agit d'un accord ouvrant ces pays aux produits et services de l'Union européenne en échange de l'aide qu'ils reçoivent.

30 juillet - Les Îles Cook [16 000 habitants !] devancent Fidji au classement des destinations de vacances préférées des Néo-Zélandais, pour la deuxième année consécutive. 56 000 Kiwis sont allés lézarder sur les plages des îles Cook entre mai 2012 et mai 2013. Sur la même période, seuls 45 000 ont choisi Fidji. Jusqu'à présent, c'était Fidji qui séduisait le plus les vacanciers. L'explication du directeur du Flight Centre New Zealand est tout simplement le besoin de nouveauté, et surtout, le fait que les Îles Cook acceptent le dollar néo-zélandais.

avec Pierre Riant à Radio Australie



25e Congrès des maires de Polynésie française : ceux-ci ont surtout entendu qu’il fallait faire des économies,
et ceci alors qu’on leur impose de nouvelles tâches et un statut de fonction publique communale. Ph. présidence.


L’IRD (Institut de recherche pour le développement) a fêté ses 50 ans en Polynésie française. Appelé Orstom (Office de la recherche scientifique et technique outre-mer), lors de son installation à Tahiti, en 1963, il a su s’imposer par ses travaux portant sur la biodiversité et sur la connaissance des milieux marins, dont ceux de Francis Rougerie sur l’endo-upwelling.



 

Mademoiselle Mehiata Riaria a été sacrée Miss Tahiti 2013. Et c’est uniquement lorsqu’elle a enlevé tous ces fards, crèmes et faux cils que l’on découvre à quel point elle est une vraie beauté, naturelle et ravissante !
 (Phs : haut TPM, bas Tahiti Infos.)



Décédé : amiral Jean Montpellier, en France, à l’âge de  88 ans. Ancien commandant supérieur des Forces armées
en Polynésie française entre 1982 et 1984, il était aussi très connu comme peintre sous le pseudonyme de Jean Dubrusk. Il était très estimé à Tahiti, où il avait pris sa retraite, pour sa gentillesse, sa simplicité et sa constante bonne humeur. Les journalistes de Tahiti l’appréciaient beaucoup pour son franc- parler au sujet des essais nucléaires. A la famille et aux nombreux amis de cet homme hors du commun que nous considérions comme un ami, toute la rédaction de Tahiti-Pacifique
présente ses sincères condoléances. (Ph. TPM, archives).