N° 274, mai 2014


4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    BD
 9    Confidences
10    Actualité
12    Humour
13    Baromètre
14    Image
15    Système moribond
23    Iaorana de Simone
24    BD
23    The Best of LoLo
26    “Plan de relance”
30    “Chant des Teva”
33    Matatia le Dauphin
34    Festival du tatouage
37    Gauguin à New York
38    Henri de Solages
41    Art
42    Encore du courrier
43    Nouvelle :
Une femme de mauvais genre
48    Les événements du Pacifique en avril
49    Les événements de Tahiti en avril
50    Balises des îles­­
51     Graffiti


 


 


HUMOUR

 

 

 

 Economie en phase de survie

Quelle déception a été l’annonce du nouveau « plan de relance en 50 mesures » annoncé et reporté plusieurs fois. (lire les détails en pages intérieures). Pourtant, le ministre de l’Economie et son groupe d’experts savent pertinemment que le système économique tahitien mis en place à la fin des années 1960 est non seulement à bout de souffle ; mais agonisant comme tous les indicateurs le prouvent, notamment la chute du PIB, depuis l’an 2000, qui dépasse les 20%.
Les licenciements des cinq dernières années et les nouvelles générations qui arrivent sur le marché du travail paupérisent une partie de la population, la plus fragile, une situation aggravée par des filières d’études supérieures mal adaptées aux besoins de l’économie locale. Le cas de la centaine de diplômés en reo maohi face à deux postes disponibles est parlant. Pour la majorité de jeunes qui ont quitté tôt le cursus scolaire, l’alternative est l’agriculture (lorsqu’on a des terres) ou le « jobbing », c’est-à-dire les petits boulots occasionnels qui permettent de survivre, boulots tels aller couper l’herbe chez le voisin, laver la voiture du cousin, si ce n’est donner un coup de main sur un chantier. En fait, toute une partie de la population tahitienne travaille « au noir », et pratiquement toutes les ressources exportables du territoire sont produites par une « économie souterraine » avec l’approbation des autorités (lire notre dossier détaillé, p. 15). En fait, l’économie de Tahiti ressemble de plus en plus à l’économie italienne de l’après-Seconde Guerre mondiale lorsque, pour survivre dans les ruines, l’économie consistait en un échange mutuel de petits services (voyez le film Le Voleur de bicyclette). 

A cause de la crise (spécifique à Tahiti) qui a ses effets depuis 15 ans, les recettes fiscales ont baissé et le gouvernement est en “manque”. Il essaye donc d’élargir son assiette fiscale avec des campagnes de publicité du genre « Créez votre entreprise, créez votre emploi » en allant, bien sûr, demander une patente… qui sera taxée. Il est amusant (si ce n’est triste) d’entendre ces publicités donner comme exemple d’entreprises à créer le nettoyage des jardins, la couture, bref, tous les petits boulots de « jobbing » de voisinage, ceux qui servent de parachute pour une population marginale et paupérisée.
Comme l’explique notre dossier du mois, la majorité des consommateurs de Polynésie française se trouve dans le triangle urbain Mahina - Papeete - Paea où œuvrent les fonctionnaires, cadres, patrons d'entreprises familiales, dirigeants de sociétés, salariés protégés par les syndicats, salariés de notre petite industrie et du commerce, artisans et petits commerçants.

Si les années 1970 et 80 avaient été celles de la reconstruction d’une Polynésie abandonnée à elle-même depuis 1890, les années 1990 marquent l’introduction de la société de consommation grâce à l’établissement d’une nouvelle classe moyenne et supérieure financée – directement ou indirectement – par le CEP et les transferts de la France.
Hélas, ceci a encore plus marginalisé une grande partie de la population tahitienne car les fortes rémunérations des emplois urbains a rendu si cher d'acheter ou de louer un appartement qu'il serait pratiquement vain d'économiser dans le but de se loger plus confortablement. Surtout que l'amélioration du confort et de statut passe entièrement par le pouvoir d'acquisition de biens de consommation. Mais que faire des joies de la consommation qui offre 20 marques de shampoings, 500 couleurs de rouge à lèvres, 12 marques de mixers et des aspirateurs à foison si on ne peut même pas payer l’électricité ?
Car, alors que le PIB a baissé, les services indispensables ont été octroyés en monopole à des multinationales, tels l’électricité, l’eau et les égouts. Pour le scandale de l’électricité, lisez 25 années de TPM et, pour l’eau, sachez qu’à Moorea depuis qu’elle a été mise « en fermage », l’addition est passée de 2500  à 22 000 Fcfp par maison et par an en 15 ans. Le scandale des eaux usées à Bora Bora, dénoncé par la CTC, est un autre exemple des efforts menés par un complexe “politico-affairiste” pour installer un parcmètre payant devant chaque habitant de Polynésie française. C’est cela le bonheur annoncé par le « monde moderne » promis, copié-collé de la métropole, mais inadapté à nos îles du bout du monde.
D’ailleurs, la nouvelle jeunesse éduquée commence à être allergique à la bureaucratie (lorsqu’elle n’en fait pas partie) et aux règlements de l'économie administrée qui veut régler chaque détail de notre vie, du berceau au cercueil. Elle souhaite moins de secteur public avec une “méritocratie” qui récompense les meilleurs, à condition qu'ils puissent profiter des bienfaits d'une société de consommation, symbolisée par la grosse voiture, l'électronique grand public et les voyages à l'étranger. Mais nos ressources limitées, le micromarché de Tahiti, peuvent-ils pourvoir à ces désirs ?
Surtout que Tahiti est une économie traditionnellement subordonnée à la politique, un monde de “traders” plus que de producteurs, où la vraie réalité de la production est bien souvent représentée par une “black economy”. Comment pourrait-il en être autrement dans un “Pé’i” où les plus grands groupes défiscalisent, laissant le fardeau fiscal aux classes moyennes.
Et Internet, censé sauver Tahiti, va encore compliquer les choses, comme cela se passe déjà dans les pays développés : les sites de « jobbing », des services payants bien sûr, se multiplient. Sauf qu'avec les nouvelles technologies, ça n'est plus entre voisins de quartier que ça se passe. Mais entre voisins de l'Internet.
Si le jobbing décolle, c'est à cause de la crise. Des gens au chômage qui cherchent à gagner un peu de sous. D'autres au budget serré qui veulent payer le moins possible.  Comme nous tous !

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

 1er avril - Le bi-hebdomadaire gratuit Tahiti Infos paraît cinq jours par semaine.
- La réforme de la sécurité routière entre en vigueur. Les amendes pour excès de vitesse ou l’usage d’un Smartphone au volant peuvent atteindre 180 000 Fcfp.

2 avril - Le bureau du Sénat lève l'immunité parlementaire du sénateur Gaston Flosse. Il fait l’objet d’une enquête pour l’attribution du chantier de l’hôpital du Taaone en 2004 et pourrait être placé en garde à vue.

3 avril - Le quotidien Le Monde révèle que les trois principaux suspects (Rere Puputauki, l’ex-patron du GIP et deux de ses hommes, Tino Mara et Tutu Manate) dans l’affaire de la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud en 1997 ont été mis sur écoute pendant quelques mois en  2013. Dans un enregistrement de juin 2013, Rere Puputauki aurait dit à Tino Mara : « C’est bien toi qui l’as assassiné. C’est vous deux ». Dans cette affaire, les trois suspects ont été mis en examen en 2013 pour « enlèvement et séquestration de personne » et « meurtre commis en bande organisée ». La chambre de l'instruction dira fin mai si elle valide ces mises en examen.

4 avril - Troisième tour des municipales : Dauphin Domingo (UPLD) est le nouveau maire de Hitiaa o te ra. Tearii Alpha (ministre des Ressources marines, des mines et de la recherche) est élu à Teva i Uta.
- Le ministre de l’Equipement, Albert Solia, présente un plan d’aménagement des rivières de Tahiti : bétonnage de berges, limitation des crues, curage, viabilisation de zones pour les rendre constructibles, etc.
- Ouverture de la Tattoo Convention (festival de tatouage) à l’hôtel Radisson (Arue).

5 avril - Troisième tour des municipales : Anthony Jamet (A Tia Porinetia) l’emporte à Taiarapu-Est.

7 avril - La SEP (Société environnement polynésien) qui traite les déchets à Tahiti et Moorea est remplacée par un syndicat mixte financé par les communes.

8 avril - Après le Conseil d’Etat qui a annulé la loi du « pe’i » portant sur la création du Haut conseil, le Tribunal administratif se penche sur un recours déposé par Oscar Temaru. La décision est mise en délibéré.
- Chiffres de l’ISPF : la fréquentation touristique fait un bond au mois de février de +11% grâce aux bateaux de croisière.

9 avril - Edouard Fritch, président de l’assemblée, présente le rapport d’activité 2013 de l’Assemblée de Polynésie (27 lois du Pays adoptées).
- A moins de trois mois de son ouverture, l’hôtel The Brando de Tetiaroa s’engage à acheter 300 tonnes d’huile de coprah par ans pour faire marcher ces groupes électrogènes.
- Troisième tour des municipales : maire de Bora Bora depuis 25 ans, Gaston Tong Sang est reconduit dans ses fonctions.
- Clarentz Vernaudon est en garde à vue. L’ancien maire de Taiarapu-Ouest est entendu dans le cadre d’une présumée fraude à la défiscalisation.

10 avril -A l’occasion de l’ouverture de la session administrative à l’assemblée de la Polynésie française, Gaston Flosse prononce un discours présentant les grandes lignes de son plan de relance en 50 mesures. Le gouvernement mise sur les grands chantiers pour créer de l’emploi et dynamiser l’économie du « pe’i ». Pour Armelle Merceron, représentante A Tia Porinetia, « on parle de plan de relance et la relance c’est pour les mois à venir (…) or l’essentielle de ce qui a été évoqué correspond à des projets qui vont naître dans plusieurs années ».
- Troisième tour des municipales : Evans Haumani, élu Tahoeraa de Papetoai, devient le maire de Moorea grâce à une alliance avec A Tia Porinetia.
- Arrivée du navigateur Yvan Bourgnon à Tahiti. Parti il y a sept mois de métropole, il tente un tour du monde en catamaran de sport, sans abris ni GPS.

11 avril - Richard Tuheiava ( UPLD) est candidat à sa propre succession lors des élections sénatoriales de septembre prochain.
- La représentante de l’assemblée Maina Sage est désignée pour succéder à Edouard Fritch qui ne peut cumuler les mandats et va démissionner de son poste de député à l’Assemblée nationale.
- Trois aventuriers chasseurs de trésor à  Anuanuraro (Tuamotu) sont secourus par le Centre de sauvetage en mer (MRCC). Coût de l’opération : 14 millions de Fcfp et pas de trésor.

14 avril - Le surfeur Michel Bourez remporte la Margaret River Pro en Australie et se classe au 8e rang du top 10 des surfeurs mondiaux.

15 avril - Municipales : après la démission de 13 élus orange du conseil municipal de Hitia’a o te ra, un retour aux urnes est prévu. A Tautira, une partie de cette commune associée de Taiarapu-est s’élève contre l’élection du maire et lance une pétition.
- La Banque européenne d’investissement va mettre à disposition de la Banque de Tahiti
1,7 milliard Fcfp de crédit pour accorder des prêts à taux bonifiés aux entreprises qui investissent dans l’environnement ou les énergies renouvelables.
- Des salariées de l’hôtel Méridien de Punaauia entament un mouvement de grève.

16 avril - Le 4e forum de la micro-entreprise ouvre ses portes.
- L’Assemblée nationale adopte le projet de loi de modernisation du droit intégrant des amendements pour faciliter la résolution du problème foncier en Polynésie française et l’extension du Pacs au territoire.
- Gaston Flosse et son gouvernement détaillent le plan de relance du « pe’i » devant 300 personnes (chefs d’entreprise, élus, représentants de la société civile…). Le vice-président Nuihau Laurey présente les trois grands axes de ce plan et quelques mesures phare : favoriser la création d’emplois (création de « contrats de chantiers », développer les emplois de proximité…), dynamiser les principaux secteurs de développement (tourisme, ressources marines…), renforcer la compétitivité de l’économie (instauration d’un droit de la concurrence…).

17 avril - Le premier collectif budgétaire du « pe’i » est à l’étude à l’assemblée. Le gouvernement veut abonder le Régime de solidarité (RSPF) de 1,5 milliard de Fcfp. L’opposition  dénonce certaines dépenses : 28 millions de Fcfp pour la fête de l’autonomie et 10 millions de Fcfp pour la formation de conseillers du Haut-conseil, pourtant sur la sellette.
- Un arrêté pris en conseil des ministres nomme Teiva Manutahi au poste de médiateur de la Polynésie française.

20 avril - 4000 croisiéristes font escale à Papeete.

23 avril - Le port autonome va investir 2,3 milliards Fcfp sur deux ans pour agrandir un quai et développer la pêche internationale.
- Après le Conseil d'Etat, le tribunal administratif annule la délibération portant création du Haut conseil. Il estime que la Polynésie française n'a pas compétence « pour créer au moyen d'une délibération une institution concourant à l'équilibre institutionnel de la collectivité ».

25 avril - La Direction des impôts et des contributions publiques lance une campagne de communication pour inciter patrons et patentés à payer leurs impôts.
- Le projet d’Antonio Perez (A Ti’a Porinetia) d’élever des tortues pour la consommation fait débat.

28 avril - La société Papyrus assure avoir pris possession de 66% du capital de Média Polynésie après le rachat le 24 mars des parts détenues par l’homme d’affaires Paul Yeou Chichong (33%) et de celles de la société Antares (33%). Mais Marc Collins, reconnu le 24 mars par le tribunal civil gérant de la SCP Chin Foo (troisième actionnaire), dénonce un “coup de force” sans fondement légal et annonce avoir saisi la justice.
- Onze personnes sont piquées par des méduses à Moorea. La mairie décide d’interdire la baignade sur les deux plages publiques de l’île.
- Oscar Temaru annonce que l'UPLD sera présente aux élections européennes avec un tandem “Tjibaou-Temaru”.

30 avril - Les nouveaux patrons de Média Polynésie (Dominique Auroy, Pierre Marchesini, Félix Bernardino, gérants, et Louis Bresson, directeur de la publication) présentent aux 153 salariés leurs projets pour l’entreprise.
- Sortie de grève à l’hôtel Méridien de Punaauia.

Juliette DOUCET

 Poema


Evénements dans le Pacifique Sud

1er avril - La Cour internationale de justice de La Haye a ordonné au Japon de cesser la chasse à la baleine dans l'océan Austral. C'est la fin d'une procédure initiée en 2010 par l'Australie auprès de l'organe judiciaire principal de l'ONU, qui accuse le Japon de chasser la baleine à des fins commerciales. Le Japon a chassé plus de 10 000 baleines entre 1987 et 2009, principalement des baleines de Minke.

2 avril - Le Vanuatu établit des relations diplomatiques avec la Géorgie. En juillet dernier, le gouvernement fraîchement élu avait annulé la reconnaissance officielle par le précédent gouvernement de l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, deux provinces séparatistes de la Géorgie, soutenues par Moscou. Sous la pression internationale, Tuvalu a lui aussi dû retirer son soutien aux deux provinces séparatistes l'année dernière. Le ministre tuvaluan des Affaires étrangères a d'ailleurs fait sa toute première visite officielle à Tbilissi, la capitale géorgienne, la semaine dernière. À cette occasion Taukelina Finikaso a déclaré que Tuvalu reconnaissait l'intégrité territoriale de la Géorgie, qui inclut l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud.
- Palau obtient un prêt de 29 millions de dollars de la Banque asiatique de développement pour améliorer ses systèmes d'assainissement des eaux usées. 80% de la population, qui compte un peu moins de 21 000 habitants, bénéficiera de cette amélioration.

3 avril  - Fidji - L’article 63 du décret électoral pris par Franck Bainimarama pour encadrer les élections du 17 septembre prochain interdit à tous les Fidjiens d'exprimer leurs opinions politiques 48 heures avant le scrutin. Et cela comprend les communications par téléphone, par Internet, par email, sur les médias sociaux, etc. Tout Fidjien qui s'exprime sera passible de dix ans de prison et d'une amende de 27 000 dollars américains.

4 avril - Aux Îles Salomon, des inondations éclairs font trois morts à Honiara après deux jours de pluies torrentielles. Il y a beaucoup de disparus et des centaines d'habitants du bord de la rivière Mataniko sont sans abri, leurs maisons ont été emportées par les crues. Le quartier chinois a été particulièrement touché. Dans les plaines de Guadalcanal, des centaines de villageois ont dû se réfugier sur les collines pendant que leurs maisons étaient balayées par les eaux.
- en Australie occidentale, la justice saisit les biens de grévistes qui ne peuvent pas payer leur amende. L'affaire remonte à 2008, lorsque 117 ouvriers syndiqués ont organisé une grève sur le site de production de gaz naturel liquéfié de Woodside. Comme il s'agissait d'une grève illégale, Woodside a traîné en justice les employés récalcitrants. Et en 2013 ils ont été condamnés à une amende de plus d'un million de dollars australiens pour combler le manque à gagner de Woodside pendant huit jours. L'amende a été révisée à la baisse, 680 000 dollars. Mais 33 des 117 ex-grévistes n'ont pas pu réunir l'argent pour payer l'amende.

7 avril - Aux Îles Marshall, le sommet du Dialogue de Carthagène s'achève sur une note d'optimisme. Tony de Brum, le ministre marshallais des Affaires étrangères, se dit confiant dans la signature d'un nouvel accord mondial pour lutter contre le changement climatique en 2015 à la conférence mondiale sur le climat à Paris. Mais il n'a rien dit de la stratégie qu'adoptera le Dialogue de Carthagène.
- Les premiers Polynésiens à avoir posé le pied sur les îles du Vanuatu il y a 3000 ans ont été décimés par plusieurs maladies. Ce sont les conclusions d'une équipe internationale qui a exploré méthodiquement le plus vieux cimetière du Pacifique, découvert en 2003 à Teouma à Efate. Le site continue de révéler des informations cruciales sur la vie des pionniers polynésiens. Le régime alimentaire des ancêtres montre qu’ils n'étaient pas en grande forme. Car à chaque fois qu'ils arrivaient sur une île avec des plantes et des animaux, il fallait tout recommencer, planter ces plantes vivrières et attendre qu'elles donnent leurs fruits. En attendant, les pionniers devaient survivre en se nourrissant principalement de protéines : poissons et fruits de mer, poulets qu'ils avaient emmenés avec eux sur leurs pirogues. Conclusion : les ancêtres Lapita souffraient de nombreuses maladies liées à ce déséquilibre alimentaire, parmi lesquelles, le scorbut dû au manque de vitamine C, mais aussi la goutte et d'autres pathologies.

8 avril - À Fidji, l'Université du Pacifique Sud monte un projet pour enrayer la prolifération des algues. Elles se multiplient sous l'effet du réchauffement de l'océan et des polluants chimiques issus de l'agriculture.
- Le Samoa américain frappé par une épidémie de conjonctivite aiguë. 2300 élèves et 130 professeurs sont infectés. Le département de la santé a ordonné la fermeture de toutes les écoles du territoire pendant trois jours.
- Aux Îles Salomon, le bilan des inondations s'alourdit : 23 morts et 80 disparus.  9000 personnes ont perdu leur maison.

9 avril - L'Australie débloque 3 millions de dollars pour aider les victimes des inondations de jeudi dernier sur Guadalcanal, l'île-capitale des Iles Salomon.

10 avril - À Fidji, on n'enquête pas sur les abus policiers, faute d'argent. Le chef de la police, candide, a fait cet aveu hier. Plus de 200 plaintes contre des officiers de police ont été déposées depuis le début de l'année.

23 avril - Papouasie Nouvelle-Guinée : mise en examen de masse. 120 hommes et 69 mineurs ont été arrêtés mardi. Le plus jeune est âgé de 10 ans. Ils sont soupçonnés d'avoir organisé une chasse aux sorcières dans le village de Sasiko, près de Madang, sur la côte nord du pays. Les violences ont fait 8 morts, dont un enfant de trois ans tué à la machette.
- Recrudescence des violences sexuelles au Vanuatu. Et c'est dû à la banalisation de la pornographie sur Internet, ou sous forme de films rapportés de l'étranger. C'est ce qu'affirme le chef de la police. Il fait le lien entre cet afflux d'œuvres pornographiques et les crimes sexuels.

24 avril - Régularisation de sans-papiers au Samoa américain. Plus de 3500 personnes sont concernées, la moitié est originaire du Samoa voisin, l'autre moitié est composée de Philippins, de Tongiens, de Chinois et de Fidjiens. Les Samoans américains n'ont pas un statut de citoyens américains à part entière. Ils ne peuvent pas voter à la présidentielle. Mais ils ont le droit de résider et de travailler sur le sol américain.

25 avril 2014 - Fidji demande l'aide du Kazakhstan, le grand pays au sud de la Russie. Concrètement : des bourses pour envoyer des Fidjiens étudier le génie minier, une spécialité kazakhe.
- Le plus grand phare du Vanuatu est inauguré à Pango Point. Il garde l'entrée de la rade de Port-Vila et peut être vu à 40 km à la ronde. Le précédent phare avait été détruit par un cyclone.

 30 avril  - À Fidji, l'appel de Mahendra Chaudhry est rejeté par la Haute Cour. Début avril, l'ancien Premier ministre et chef des Travaillistes a été reconnu coupable de trois fraudes fiscales. Il a placé 1,5 million de dollars australiens dans des banques australiennes et néo-zélandaises sans en avertir les autorités fidjiennes. Mahendra Chaudhry risque jusqu'à deux ans de prison et 4 millions de dollars d'amende.
- La Chine envoie des équipements de police à Fidji, pour assurer l'ordre pendant les élections le 17 septembre prochain. Cela représente un investissement d'un demi-million de dollars américains.
- Maersk réduit la voilure dans le Pacifique. Le géant mondial du transport maritime supprime sa route de la Nouvelle-Zélande à Fidji, via la Nouvelle-Calédonie. Dès juin, Maersk desservira la région en passant des accords d'affrètement avec d'autres compagnies.
- L'Australie accepte de diriger l'équipe des observateurs internationaux lors de l'élection fidjienne en septembre. Mais à une condition : qu'un deuxième pays assure la surveillance à ses côtés. En 2013, Franck Bainimarama avait initialement demandé à la Papouasie Nouvelle-Guinée et au Groupe Mélanésien Fer de Lance d'assurer cette tâche. Mais il est revenu sur sa décision, déclarant qu'il ne voulait pas une répétition des erreurs des dernières élections, en 2006. Les observateurs de l'UE avaient validé les résultats. Mais Bainimarama a toujours dit qu'il y avait eu des fraudes électorales, une manière de légitimer son coup d'État.
- La ministre australienne des Affaires étrangères Julie Bishop constate que malgré des millions de dollars d'aide, la croissance est au point mort dans certains pays. Elle  va donc créer un système d'évaluation de l'efficacité de l'aide australienne.
- Au Vanuatu, l'ancien président, Ati Georges Sokomanu, accuse le gouvernement de vendre des passeports à des étrangers depuis quelques semaines. Les clients sont principalement des hommes d'affaires chinois. 

avec Pierre Riant à Radio Australie


 

Leonardo DiCaprio a  batifolé dans le lagon de Bora Bora avec sa compagne du moment  Toni Garrn.
(Ph. DR)

 


Le peintre  Philippe Dubois a exposé à la Galerie des Tropiques de Papeete. (Ph. TPM) 


 

Escale à Tahiti d’un magnifique yacht de luxe de 18 mètres nommé Pobiéda,  ce qui veut dire “victoire” en russe.
Ph. DR


La peintre Sarahina a exposé à la galerie Au Chevalet de Papeete.  (Ph. TPM)




Décédé :

Teva YRONDI, artiste polyvalent et enfant terrible de l’art, à Raiatea, suite à une longue maladie. Touche à tout et travailleur acharné, il a construit, entre autres, l’aquarium de Moorea. A sa compagne Katia et à sa famille, Tahiti-Pacifique présente ses sincères condoléances.
 (Ph. TPM)



Décédée :

Leiza SANFORD, à l’âge de 91 ans, d'une longue maladie. Leiza a été la compagne fidèle et courageuse de feu Francis Sanford, président, maire de Faa’a et personnage incontournable de la politique tahitienne entre 1940 et 1980, premier président de Polynésie de Tahiti en 1977. Leiza était célèbre pour sa gentillesse et sa proximité avec le peuple. Il n’y a pas de grand homme sans une grande dame pour l’épauler. A sa fille Tiare et à sa nombreuse famille, Tahiti-Pacifique présente ses plus sincères condoléances. ( Ph. TPM)