N° 275, juin - juillet 2014


­­4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    BD
 9    Confidences
10    Temarii et la Fifa
13    Baromètre
14    Image
15    Affaire JPK
19    Friches commerciales
20    Environnement
21    Iaorana de Simone   
22    Lettre à Manarii
25    The Best of LoLo
26    CET de Paihoro
29    Encore du courrier
30    Image
31    Peinture
32    Dure lutte syndicale...
36    Festival de graffiti
40    Editions
41    Nouvelle : Le bleu qui fait mal aux yeux
48    Les événements du Pacifique en mai
49    Les événements de Tahiti en mai
50    Balises des îles­­






HUMOUR


 

 

 

Gouvernement Flosse : bilan d’une année…

Grand tamtam médiatique le 17 mai, avec Président faisant son show sur les deux chaînes de télévision locales, martelant comment il a sauvé la Polynésie française de la catastrophe “oscarienne” et énumérant les projets chinois qui vont nous apporter emplois, bonheur et richesses. Hélas, entretemps, le nombre de chômeurs augmente, les entreprises ferment et le PIB continue de chuter. Pourquoi ?
Essentiellement parce qu’à Tahiti on continue sur la voie engagée depuis la fin des années 1960 et qui a déjà démontré ses limites au début des années 2000, lorsque la « glorieuse » et artificielle croissance s’est inversée. En fait, le véritable reproche que l’on peut faire aux gouvernements de Temaru et Tong Sang est qu’ils n’ont pas eu l’intelligence d’analyser froidement les maux du système économique de Tahiti, c’est-à-dire l’incompatibilité entre une société de consommation à l’occidentale sur des îles isolées et aux ressources très limitées. Et, surtout, de ne pas avoir proposé un modèle différent, novateur. En fait, Tahiti a un système économique qui n’existe que grâce aux transferts massifs de la France et y remédier nécessite analyse, réflexion et surtout des idées nouvelles et audacieuses. Rien de cela. Mais le maintien d’un système débile et exsangue, encouragé par des technocrates de métropole tels madame Bolliet (« il faut taxer plus ») ou des experts de l’IEOM qui prônent une « augmentation de la commande publique » pour relancer l’économie. Ils prêchent pourtant pour un mécanisme qui a surendetté la France et qui a déjà montré ses limites en métropole. Or, à Tahiti, on peut résumer cette économie  à un « la France me donne des sous (subvention ou défiscalisation), je bétonne avec, ce qui crée des emplois qui permettent de soutenir une consommation que je taxe à outrance pour maintenir en place une administration pléthorique qui ruine le “pé’i” ».

Or beaucoup, experts comme citoyens raisonnables, savent que ce système vit ses derniers “pets”. Malgré cela, rien ne change. Pourquoi ? D’abord parce que cela dure depuis deux générations et qu’on s’y est habitués, ensuite parce que « l’élite », qui devrait imposer les changements, est celle qui profite grassement de ce système, une relique coloniale, d’ailleurs mis en place pour la servir. Elle est donc peu apte à vouloir  « scier la branche sur laquelle elle est assise ». C’est la dictature des nantis pour les nantis…
Cette dépendance à une averse continuelle de subventions par la France est en fait le triste aveu qu’à Tahiti nous ne semblons pas être capables de vivre en harmonie avec notre environnement sans le détruire, que nous avons adopté sans nous en rendre compte la doctrine importée qui dit que la richesse c’est l’argent, que le bonheur c’est être propriétaire de biens qui font envie aux autres.
Qu’est donc devenu le mythe de Tahiti, pays heureux où le Polynésien vivait en harmonie avec son environnement, où il ne prélevait que ce dont il avait besoin ? Cette perte de nos valeurs et la course après les biens matériels est la raison essentielle pour laquelle Tahiti a perdu ses visiteurs : pourquoi parcourir 20 000 km pour se retrouver dans une mauvaise copie de ce qu’on a quitté ? Tahiti a perdu son parfum si spécifique et fragile, son innocence qui jadis fascinait le monde entier… Comment les retrouver ? Bien difficile, lorsqu’on sait que le luxe d’une génération devient l’indispensable pour la suivante. Insoutenable dans nos îles…

Aujourd’hui, à Tahiti, on se précipite chez soi pour oublier le boulot et enfin vivre la « vraie » vie, se faire plaisir. En fait, pour la majorité des familles, ce qui semble être le vrai but de l’existence, ce qui vous presse de rentrer à la maison, c’est de regarder, à travers un écran, une représentation électronique de la vie. Vous ne pouvez pas la toucher, elle n’a pas d’odeur, et elle n’a pas de saveur. En fait, la population s’adonne à une pure contemplation passive d’un écran. Une succession de maisons assombries défilent sur des kilomètres, toutes avec ces petits écrans électroniques clignotant dans les pièces. Chacun de son côté, regardant cette chose. Et ainsi, plus aucune communion entre les uns et les autres. Fini les soirées avec guitare, les réunions de famille, les sorties au cinéma. On reste chez soi.
Et cet isolement des gens dans leur sphère privée a créé de toutes pièces une foule sans esprit et sans âme. En fait, cela se résume à une société dans laquelle 2% de la population font quelque chose et 98% les regardent faire à la télévision.
Mais la plus grande mutation à Tahiti a eu lieu dans nos têtes, avec des gouvernements qui veulent s’occuper de tout, jouer à la nounou. Ainsi, le mois dernier, avons nous vu deux jeunes plonger de pirogues la tête la première dans un mètre d’eau et se blesser gravement. Effectivement, la bêtise a son prix, et la vie est remplie de dangers auxquels il faut faire face chaque jour. Ça s’appelle le destin, ou la providence. Mais voici que le gouvernement, les communes et le port autonome se disputent la responsabilité de cet “accident” (et de savoir qui va lui payer une rente)… Ce sont des actes politiques destinés à totalement déresponsabiliser le citoyen, à créer dans nos îles un « Etat cocon » qui se veut responsable de tout, même de la connerie de certains… Car, selon moi, le seul responsable est celui qui a été assez stupide (ou bourré) pour plonger dans un mètre d’eau.
Comment un peuple qui, jadis, sillonnait le plus grand océan du monde sur de fragiles pirogues (et ça, c’était bien plus que risqué !) a-t-il pu se transformer en une population (urbaine) peureuse, pleurnicharde ?
Mon bon copain, breton de souche, me l’a expliqué : « T’as rien compris. C’est une autre réussite de la mission civilisatrice de la France ! »
Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

2 mai - Sept candidats polynésiens sont engagés pour les élections européennes, dont quatre têtes de liste dans la section Pacifique (représentée par un député) : Maeva Salmon, (Union pour les outre-mer), Muriel Dauphin (Front National-Te Nati Bleu marine), Linda Maireraurii (Féministes pour une autre Europe) et Jules Hauata (Europe Ecologie les Verts). Egalement sur des listes : Tetuahau Temaru (Parti socialiste) Sylvianne Terooatea, maire de Uturoa (UMP) et  Gérard Mou-Tham (UDI Modem).
- Le centre d’hygiène et de salubrité publique révèle que, en 2013, seules sept communes  (Papeete, Arue, Mahina, Punaauia, Bora Bora, Huahine et Tumara) distribuent à leurs administrés de l’eau répondant aux normes.

4 mai - Arrivée de l’avion qui va relier Tahiti à l’atoll de Tetiaroa pour le compte de l’hôtel The Brando.

6 mai - Le grand conseil du Tahoeraa confirme la candidature de Maina Sage pour les prochaines élections législatives partielles, supplée par Edouard Fritch.

7 mai - Incendie à l’hôpital du Taaone : une voiture prend feu dans le parking souterrain, des malades sont évacués.
- Béatrice Chansin, ministre de la Santé et de la Fonction publique, présente son plan de réforme de l'administration territoriale (5 000 agents) pour diminuer  la masse salariale.

8 mai - Décès de Duro Raapoto, fondateur du Ia Mana te Nunaa, chantre de la culture maohi et membre actif de l'Eglise protestante, à Raiatea, à l’âge de 66 ans.

 9 mai - Projet aquacole aux Tuamotu : les investisseurs chinois délaissent Makemo (trop onéreux) pour Hao, qui offre des infrastructures portuaires et aéroportuaires.
- Gaston Tong Sang, Fernand Roomataaroa et Clarenntz Vernaudon sont renvoyés en correctionnel dans l’affaire du double cabinet au ministère de l’Agriculture en 2008.

10 mai - Festival international de graffitis Ono’u avec 24 graffeurs en compétition. L’Américain Mast remporte le premier prix.

12 mai - Michel Bourez remporte la finale de la Billabong Rio Pro (Brésil).
- Le Tavini Huiraatira organise une marche (« Tavini tour ») pour fêter le premier anniversaire de la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser de l’Onu.
- Affaire Média Polynésie : Marc Collins conteste le rachat des actions de Dick Bailey et Paul Chichong par Dominique Auroy et le tribunal civil les place sous séquestre.

13 mai - Début du procès au Tribunal de Papeete d’Henri Haiti, principal suspect dans l’affaire Stefan Ramin : en 2011, la dépouille de ce touriste allemand avait été trouvée dans un brasier, à Nuku Hiva (Marquises). 
- Les statuts du GIE Tahiti Tourisme sont modifiés pour donner plus de pouvoir au « pe’i ». Pour Hiro Kelley, président du GIE Moorea, « il faut fermer le GIE Tahiti Tourisme et mettre une entité avec une obligation de résultat ».

15 mai - 1500 fonctionnaires d’Etat et du « pe’i » en grève contre le gel de leurs salaires se rassemblent devant le haut commissariat. Beaucoup d’ écoles restent fermées.
- Décès de Jean-Baptiste Céran-Jérusalémy à l’âge de 93 ans. Bras droit de Pouvana'a, il a été président de l'assemblée en 1953 et président du parti de Pouvana'a, le RDPT en 1956.
- Un automobiliste est contrôlé par les gendarmes à Faa'a, avec 3,76 grammes d'alcool dans le sang. Un record pour la Polynésie.
- Tenuhiarii Faua est élue à la tête du Syndicat mixte qui gère le Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) de l’agglomération de Papeete (communes de Mahina, Arue, Pirae, Papeete, Faa’a, Moorea-Maiao, Punaauia, Paea et Papara). La Chambre territoriale des comptes qui publie son rapport sur la gestion du CUCS de 2005 à 2012 relève des dysfonctionnements et propose onze recommandations pour y remédier.

16 mai - Cyril Tetuanui, maire Tahoeraa de Tumaraa, est élu président du syndicat pour la promotion des communes.
- Le cortège du « Tavini tour » est à Punaauia, en présence de Carly Corvin, émissaire américain de l’Onu en mission en PF et de Marie-Claude Tjibaou, tête de liste section Pacifique du Parti socialiste aux élections européennes.

17 mai - Henri Haiti, le meurtrier de Stefan Ramin, est condamné à 28 ans de prison.
- Après cinq jours de marche depuis la Presqu’île, le « Tavini tour » se termine par un rassemblement de 4000 personnes à Faa’a, où une stèle est érigée, un an après la réinscription à l’Onu.

18 mai - Pour Gaston Flosse, au pouvoir depuis un an, « Oscar Temaru parle de politique dans le futur, alors que nous, nous parlons de donner du travail aux Polynésiens ». Concernant les élections européennes, il affirme : « N'allons pas voter et nous irons ensuite à Bruxelles leur dire que nous ne sommes pas satisfaits du traitement qui est le nôtre ».

20 mai - Quatorze personnes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Papeete dans une affaire de vol et de recel de métaux.
- Une touriste allemande est violée à Rurutu (Australes).
- Le CESC rend un avis défavorable sur le nouveau chèque emplois-service (qui passe de 52 à 80 heures mensuelles) et le « contrat de chantier ».
- Suite à la plainte du « pe’i » dénonçant les conditions d’exploitation de la décharge de Papara, le maire Bruno Sandras est convoqué par le procureur.

21 mai - Antony Géros (UPLD) évoque « la fête à Gaston » pour parler des festivités organisées par le « pe’i » pour le 30e anniversaire de l’autonomie (29 juin) qui se tiendront du 27 mai au 27 juillet (budget de 38 millions de Fcfp).

22 mai - A l’issue d’une assemblée générale extraordinaire, les nouveaux gérants du groupe Média Polynésie annoncent la liquidation à l’amiable de la SELN, société éditrice des Nouvelles de Tahiti. Selon la direction, le quotidien perdait plus de 16 millions par mois et avait cumulé plus de 450 millions de dette. Albert Moux, actionnaire minoritaire de la SELN, n’a pas participé à cette réunion, les délais de convocation n'auraient pas été respectés. Il conteste la légalité de cette AGE.
- L’Onu publie un rapport sur la Polynésie dans le cadre de ses travaux sur la décolonisation.

23 mai - Le violeur présumé de la touriste allemande est arrêté à Rurutu et placé en détention provisoire. 
- Les Nouvelles de Tahiti, plus ancien quotidien de Polynésie, publie son dernier numéro et affiche sobrement en « une » les dates « 26 avril 1957 - 23 mai 2014 », sur un fond noir.
- Cérémonie à Arue en mémoire des cinq disparus du 23 mai 2002 (Boris Léontieff, Lucien Kimitete, Ferfine Beyssere, Arsène Tuairau et Gilbert Kelly) lors d’un déplacement en avion aux Tuamotu.
- Festival de musique marquisienne moderne « Eo Himene » à Nuku Hiva.
- Cinq candidats veulent succéder à Edouard Fritch (législatives partielles) : Maina Sage (Tahoeraa), Tauhiti Nena (UPLD), Debora Kimitete (A Tia Porinetia), Tati Salmon (Les Verts) et Gustave Heitaa (Te Ui Faa’ui).

24 mai - Elections européennes : 15% des électeurs se rendent aux urnes, où dix listes sont proposées dans les bureaux.

25 mai - Résultats des élections européennes : la liste PS arrive en tête avec 40% des voix. UMP : 24%. Union pour les outre-mer : 10%. Front national : 7%. Europe Ecologie les Verts : 6%. UDI Modem : 5%.
- Cynthia Vanquin, 25 ans, élue Miss Dragon.

26 mai - Le violeur présumé de Rurutu se suicide à la prison de Nuutania.

27 mai - Affaire JPK : la chambre d’instruction renvoie son audience au 17 juin concernant les mises en examen de Tino Mara et Tutu Manate pour « meurtre, enlèvement et séquestration en bande organisée ». 

28 mai - Premier cas de Chikungunya déclaré.
- Le nouveau projet de loi du Pays relatif à la concurrence est présenté au gouvernement.

29 mai - Des habitants de Hao (Tuamotu), craignant d’être expropriés, manifestent contre le projet aquacole mené par des investisseurs chinois en partenariat avec le « pe’i ».

30 mai - Le trafic Internet est perturbé lors d’une réparation sur le câble Honotua. 

Juliette DOUCET


Evénements dans le Pacifique Sud

2 mai - À Tonga, la croissance devrait atteindre 3% en 2015. Le rebond est confirmé par un économiste du Fonds monétaire international. Tout cela grâce au secteur agricole, et aussi à la reconstruction après le passage du cyclone Ian, ainsi qu'à la préparation des Jeux du Pacifique Sud, que Tonga accueillera en 2019.

5 mai - 6% de chômage, une dette publique qui représente 11% du PIB... l'Australie se porte bien. Et pourtant, le gouvernement projette de repousser l'âge de la retraite de 65 ans actuellement, à 70 ans, dès 2035.

6 mai - Sevanaia Bainimarama, le neveu du Premier ministre fidjien, a été arrêté aux États-Unis, au terme d'une course-poursuite rocambolesque. Il avait ouvert le feu sur la police lors d'une course-poursuite à Smithfield, Pennsylvanie. Le neveu a brûlé deux stops. La police a voulu l'arrêter et la poursuite s'est achevée dans une impasse. Coincé, le neveu Bainimarama a finalement été embarqué au poste. Et bien que blessé aux bras, il a demandé une bière aux policiers.
- Vanuatu : bras de fer entre les chefs coutumiers et le gouvernement, qui veut les forcer à vendre leurs terres. Objectif : construire un nouvel aéroport international. La semaine dernière, le conseil des chefs a soutenu le projet. Mais il refuse la méthode. S'ils sont forcés de vendre leurs terres au gouvernement, alors les propriétaires coutumiers ne recevront pas de royalties sur l'activité de l'aéroport.  
- Vanuatu : la grogne des victimes de Lusi. Un mois après le passage du cyclone, les habitants de la province de Sanma sont à cours de nourriture. Depuis deux semaines, ils sont forcés de manger des fruits, légumes, et céréales pas mûres, c'est tout ce qu'il reste. Le gouvernement n'a toujours pas envoyé de vivres malgré ses promesses il y a deux semaines.

7 mai - La Russie montre ses muscles dans le Pacifique. Un bombardier russe a volé autour de Guam récemment. Les Américains ont envoyé un F-15 pour l'intercepter. L'aviation russe effectue aussi depuis peu de longues patrouilles au-dessus du Japon et de la Corée du Sud, une façon aussi de surveiller les exercices militaires réalisés par les Américains dans la région. Selon le général américain Carlisle, la Russie nargue les États-Unis et la communauté internationale, qui lui imposent des sanctions à cause de son intervention en Ukraine.
- Frank Kabui réélu gouverneur-général aux Îles Salomon. Officiellement, il est nommé par Elizabeth II, car son rôle est de représenter la monarchie britannique dans le pays. Mais c'est le Parlement qui propose le nom à la Reine. Franck Kabui, un juge à la retraite, fut le tout premier Garde des Sceaux des Îles Salomon à leur indépendance.
- Les ressortissants de 10 pays du Pacifique n'auront plus besoin de visa pour entrer dans l'espace Schengen. La mesure décidée par l'Union européenne concerne : Kiribati, les Îles Marshall, les États Fédérés de Micronésie, Nauru, Palau, le Samoa, les Îles Salomon, Tonga, Tuvalu et le Vanuatu. Deux absents notables sur cette liste : Fidji et la Papouasie Nouvelle-Guinée, les deux pays les plus peuplés du Pacifique.

8 mai - L'Unicef s'attelle à la prévention de la polio dans le Pacifique, en réponse à l'alerte lancée par l'Organisation mondiale de la santé, qui constate un retour du virus dans le monde. Pour l'instant aucun cas n'ait été diagnostiqué dans le Pacifique depuis des années.

9 mai - Le dernier contingent de militaires tongiens a quitté l'Afghanistan. Leur retour clôt quatre ans de présence dans le pays. L'armée tongienne se cherche désormais un avenir. Les autorités se demandent aujourd'hui que faire de ces centaines de soldats. Ils pourraient être démobilisés et rendus à la vie civile, pour redistribuer le budget de l'armée à d'autres ministères.

12 mai - Papouasie Nouvelle-Guinée : le gaz naturel va stabiliser le kina. La monnaie papoue est en chute libre en ce moment. La construction de pipelines et d'usines pour exploiter le gaz naturel a fait rentrer beaucoup de dollars dans le pays, et la monnaie locale a perdu de sa valeur. Mais cette phase s'achève, Exxon-Mobil va commencer à produire. Et le ministre du Trésor, Patrick Puraitch, assure que le kina va donc se stabiliser. La croissance papoue sera de 6% cette année, et 21% en 2015.

L'Australie est le pays du G20 où la vie est la plus chère. Et le quatrième pays le plus cher sur 177. C'est le résultat d'une étude de la Banque mondiale publiée la semaine dernière. Le coût des biens et des services australiens atteint les niveaux de la Suisse, de la Norvège, du Danemark et de la Suède. Une cherté due à plusieurs facteurs : le boom minier, le dollar fort, une croissance économique constante depuis 22 ans, un chômage bas et un coût du travail élevé.

13 mai - Il ne se considère pas comme une colonie. Mais le Samoa américain est quand même convié à Fidji la semaine prochaine avec les autres territoires inscrits sur la liste des États à décoloniser.

14 mai - Îles Cook : l'opposition se dit ouverte à l'exploitation minière des fonds marins. Le député Wilkie Rasmussen a participé cette semaine à une réunion avec les autorités locales et des compagnies minières, à Rarotonga. Selon lui, les Îles Cook sont suffisamment matures pour gérer les profits de l'exploitation minière sous-marine, mais il demande plus de consultation sur les risques environnementaux.
 
15 mai - Papouasie Nouvelle-Guinée : un garçon de 11 ans mangé par un crocodile. Melas Mero a été happé par un crocodile de quatre mètres de long. Il était en train de pêcher en compagnie de ses parents, dans la rivière de Siloura, dans la province du Golfe

16 mai - Joe Natuman est élu Premier ministre du Vanuatu. Il veut reprendre en main les finances du pays.
- Samoa : le gouvernement envisage d'autoriser des gros bateaux-usines à venir pêcher dans sa zone économique exclusive. Les premiers bénéficiaires seraient des flottes de gros navires taïwanais. Un comité parlementaire s'y oppose. La mesure risquerait de condamner l'industrie locale de la pêche, déjà mal en point, et particulièrement l'usine de conditionnement pour l'exportation, l'Apia Export Fish Packers.

20 mai - Îles Salomon : l'ordre est rétabli à Honiara. La police a arrêté 53 pilleurs. Le couvre-feu est maintenu car le commissaire de la capitale salomonaise craint une répétition des pillages les week-ends, attribués à une centaine d'habitants qui ont tout perdu dans les inondations début

21 mai - Samoa : le gouvernement vend à Neptune Pacific la part de 50% qu'il détenait dans la compagnie de transport maritime Pacific Forum Line. Le nombre de liaisons maritimes entre le Samoa et les autres pays de la région passera donc de 36 actuellement à 48 par an. Grâce à cette prise de participation de Neptune Pacific, la Pacific Forum Line peut désormais desservir 15 pays du Pacifique.

22 mai - Îles Cook : le Premier ministre accusé de détournement de fonds. Henry Puna aurait reçu du gouvernement néo-zélandais du matériel et un prêt d'un montant total de 100 000 dollars américains. Objectif : faire tourner sa ferme perlière à Manihiki. La Nouvelle-Zélande avait lancé un programme d'aide à la production perlière avant que Henry Puna ne devienne Premier ministre.

23 mai - Fidji : Franck Bainimarama accusé de gagner plus que le Président américain. Le Premier ministre ne dévoilera son salaire et ceux de ses ministres qu'après avoir déposé les statuts de son parti, Fiji First. La transparence sur les revenus des candidats, c'est une obligation imposée par le décret électoral, pris par le gouvernement fidjien. L'opposition, et particulièrement l'ancien Premier ministre Laisenia Qarase, assurent que Franck Bainimarama gagnerait entre 700 000 et 1 million de dollars américains par an, bien plus que le salaire officiel du président des États-Unis, qui gagne 400 000 dollars par an. Laisenia Qarase exige de connaître les revenus du Premier ministre sortant, car, soulignent-ils, Franck Bainimarama et son garde des Sceaux cumulent en fait à eux deux beaucoup de ministères.
- Les quatre États Fédérés de Micronésie interdisent la pêche au requin. Le dernier à avoir voté la loi est l'État de Chuuk. Il attire des plongeurs du monde entier, venus voir, entre autres, les requins. Il y a de nombreuses épaves de la Seconde Guerre mondiale à Chuuk. Les requins viennent se nourrir autour des épaves. Les touristes rapportent plus que la pêche.
 
26 mai - Kiribati : le gouvernement fait campagne pour le contrôle des naissances. La population compte désormais un peu plus de 100 000 habitants, dont la moitié sont concentrés à Tarawa sud, la capitale, et à Betio.
- Papouasie Nouvelle-Guinée : le tout premier chargement de gaz naturel liquéfié fait route vers le Japon. L'acheteur est Tepco, l'opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima. C'est l'aboutissement d'une histoire qui a commencé en mai 2008, à la signature du traité entre Exxon Mobil, le gouvernement papou et les autres partenaires. Exxon va produire 6,9 millions de mètres cubes de gaz naturel liquéfié par an. La Papouasie Nouvelle-Guinée devient ainsi l'un des nouveaux géants mondiaux de l'exportation d'énergies.

27 mai - Papouasie Nouvelle-Guinée : neuf tribus indigènes gagnent contre le gouvernement. Elles vont récupérer leurs 38 000 hectares saisis par l'Etat pour les louer à des développeurs ou exploitants agricoles.

29 mai - Kiribati investit dans des terres à Fidji. La micro-République a versé 8,6 millions de dollars au gouvernement fidjien pour 2210 hectares sur l'île de Vanua Levu. C'était le dernier paiement. Objectif : avoir un refuge en cas de submersion des atolls de Kiribati. 

avec Pierre Riant à Radio Australie




Cynthia Vanquin, 25 ans, 1,64 m, a remporté le titre suprême lors de l’élection de Miss Dragon 2014. Non, rassurez-vous, la nouvelle reine de beauté de la communauté chinoise de Tahiti ne s’apprête pas à nous préparer un canard laqué. (Ph. WB)




Les candidates pour devenir “Miss Ronde” 2014
(alias Miss Bouboule) se préparent. (Ph. WB)




Nouveaux panneaux de signalisation pour les marae
de la vallée de Opunohu, à Moorea. (Ph. TPM)



Décédé : Turo RAAPOTO. Âgé de 66 ans, il a succombé à une crise cardiaque à son domicile de Raiatea. Spécialiste et ardent défenseur des langues polynésiennes, écrivain, homme d’église et surtout de conviction, cet homme discret était avec Henri Hiro l’un des pères de l’idéologie identitaire « ma’ohi », mot qu’il a mis à la mode dans les années 1970 et 80. Il est aussi inventeur du concept du « Tahitien, peuple élu de Dieu ».




Décédé : Jean-Baptiste Céran- Jérusalémy, syndicaliste et politicien, à l’âge de 93 ans. Il a créé des syndicats, à Makatea notamment, dans les années 1940. Il entre en politique en 1946 et devient en 1953 le plus jeune président de l’assemblée territoriale. En 1947, il créé avec Pouvana’a a Oopa le RDPT (Rassemblement des populations tahitiennes), mais sera considéré en partie responsable de la chute du Metua en 1958.



 

Décédé : le quotidien les Nouvelles de Tahiti, à l’âge de 57 ans, victime de mauvaises gestions et de la concurrence des nouveaux moyens de communications.