N° 277, septembre 2014


­­4    Clin d’œil
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 9    Confidences
10    Actualité
12    Humour
13    Baromètre
14    Image
15    Atolls submergés ? 
22    Société
23    Iaorana de Simone   
24    Prix des billets d’avion
26    Album-photos de 1935
29    Lutte antimoustiques
34    Personnes âgées   
36    Corruption et démocratie
38    Marine japonaise
40    Editions
41    The Best of LoLo
42    Nouvelle : Une petite fille
48    Les événements du Pacifique en août
49    Les événements de Tahiti en août
50    Balises des îles­­






 



HUMOUR


 

 

 

Président met le « turbo » avant que…


Le mois d’août a été fascinant pour ceux qui ont observé le président Flosse : suite à la décision (supposée être définitive) de la Cour de cassation qui confirme sa condamnation à la perte de tous ses mandats électifs (président de la Polynésie française, sénateur et représentant à l’assemblée de P.F.), Gaston Flosse a introduit deux recours, une grâce présidentielle (qui est suspensive) et une demande de « relèvement » devant la cour d'appel de Papeete. Mais bien que ces énièmes et ultimes procédures dilatoires aient peu de chance d’être couronnées de succès, « Président » est soudainement devenu surexcité, jouant le rôle du chef de gouvernement qui fait tout, qui décide de tout, qui est partout et présent sur tous les fronts, de la plantation de fleurs à la signatures d’accords internationaux avec des autorités chinoises, en passant par le lancement des compétions de surf Billabong Pro. Plus un coup de pelle, plus une remise de diplôme, plus un officiel (même anecdotique) de passage à Tahiti ne peut échapper à la photo officielle avec un Gaston Flosse hyperactif et omniprésent malgré ses 83 ans. Cette soudaine fièvre – aussi du culte de la personnalité – est certainement destinée à impressionner les magistrats (et la population) en envoyant un message du genre « voyez, la Polynésie ne peut pas exister sans moi ».

Mais il y a peut-être une seconde stratégie derrière cette frénésie de décisions et de lancement de projets pharaoniques : malgré les shows médiatiques, aucun des mégaprojets de Président – l’aquaculture à Hao et le centre touristique Mahana Beach – n’a dépassé le stade de pré-études, voire du « MOU » (memorandum of understanding, “lettre d’intention” en français) alors que les promoteurs chinois découvrent avec stupéfaction les coûts et les obstacles créés par une bureaucratie tatillonne qui “gère” encore de façon coloniale l’agonisante économie de Tahiti. Oui, ces projets doivent bénéficier de franchises quasi totales de taxes et d’impôts, mais comme l’investissement minimum requis est fixé à 40 milliards Fcfp (€ 333 millions), on comprend la prudence des investisseurs (même chinois) avant de se “mouiller”.
Voici un scénario possible : le 5 septembre, le haut-commissaire annonce à Gaston Flosse qu’il est démis de tous ses mandats et Edouard Fritch devient président de la P.F. Quelque temps plus tard, les dirigeants de Tian Rui Investment International annoncent qu’ils abandonnent le projet d’aquaculture à Hao à cause de coûts trop élevés (préfabriqués interdits, hausse du prix du pétrole donc du transport, etc.), tandis que le projet Mahana Beach ne trouve pas d’investisseurs (les Chinois ont racheté cinq hôtels existants et veulent d’abord voir comment marche le tourisme à Tahiti avant de lancer le grand projet). Face à une déconfiture économique qui s’aggrave, Flosse se manifeste et clame : « Vous voyez, c’est parce que la justice française m’a viré que tout s’écroule ! ». Et, dès juillet 2017, coucou, revoilà Gaston aux manettes. Flosse a bien réussi à revenir après neuf années de “taui”, alors trois années… N’oublions pas que sa maman a vécu jusqu’à l’âge de 94 ans.

Nous parlons plus haut de bureaucratie et législation excessives à Tahiti, apparemment reconnues depuis peu comme un frein au développement par nos dirigeants, ceux-là mêmes qui les ont mises en place depuis “l’autonomie” de 1984, mot bien mal choisi car, dès que Tahiti avait le droit de faire différemment de la métropole, ses gouvernements se sont lancés dans une orgie de “copier-coller” des textes législatifs métropolitains. Ainsi, lorsqu’on lit les déclarations des représentants (Tahoera’a) de l’assemblée, on découvre une litanie de discours qui diabolisent ce qui a été patiemment érigé. Exemple avec l’allocution de Rudolph Jordan : « Nous ne le répéterons jamais assez, dans cet hémicycle ou ailleurs : l’art du “bronzer idiot” ne paie plus… Si, au final, la somme des concessions budgétaires est largement compensée – comme nous le pensons – par les recettes générées du fait d’un essor du nautisme en Polynésie, alors oui, le gouvernement aura gagné son pari, à savoir : privilégier l’audace et l’efficacité au détriment du nombrilisme ». Allocution de John Toromona : « Le gouvernement s’est engagé dans un vaste chantier de toilettage de notre réglementation comme la simplification de nos procédures administratives ». Commission des métiers : « Il s’agit, avant tout, de simplifier et fluidifier les modalités d’application et d’actualisation de cette réglementation… La simplification des documents réclamés par notre administration pour vérifier et contrôler ces différents établissements d’hébergement et de restauration va dans ce sens, pour le bénéfice de tous et surtout de notre administration engluée dans une masse de papier à examiner ». Conseil des ministres, 18 juillet : « Il s’agit, avant tout, de simplifier et fluidifier les modalités d’application et d’actualisation de cette réglementation ». Henri Flohr : « Ce PPR est tellement rigide et défavorable qu’il empêche le développement économique et social de la commune de Punaauia qui n’a pas la possibilité de faire rectifier la notation effectuée par le BRGM il y a 10 ans de cela… Le projet de loi qui est soumis à notre approbation tend à assouplir le dispositif… ».

Hélas, tout cela n’est qu’un trop timide début. Rappelons que jadis, du temps de Moïse, avant l’invention des bureaucrates, 10 commandements suffisaient.

Bonne lecture, et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

 1er août - Moorea Mahana Beach : l’établissement public TNAD (Tahiti Nui aménagement et développement) pourrait acquérir 11 parcelles (7,5 hectares) du motu  situé face à l’ancien Club Med, en plus de 15 hectares situés sur le site de l’ex-Club Med. Au total, le “pe’i” pourrait avoir à débourser 4,5 milliards de Fcfp environ pour acquérir ces terrains. 
- Les automobilistes doivent s’équiper d’un « kit de sécurité » composé d’un gilet jaune fluo et d’un triangle de pré-signalisation. 

3 août - Clôture à Moorea du 130e synode de l'Église protestante ma'ohi. 

4 août - Un incendie ravage l’usine de la Charcuterie du Pacifique à Mahina.

5 août - Tahiti Mahana Beach : le « pe’i » propose d’y créer une « zone franche de développement économique prioritaire » qui sera « attractive pour les entreprises ». Parmi les six mesures appliquées dans cette zone franche : un « salaire minimum de développement » à 120 000 Fcfp (contre un smig à 150 000 Fcfp actuellement), la réduction de 20% des salaires autres que ceux de base, l’augmentation de la durée légale du travail à 40 heures hebdomadaires et l’instauration d’un médecin référent pour les arrêts maladies. 

6 août - Tahiti Mahana Beach : le conseil des ministres valide le projet de loi du pays sur la création d’une zone franche. « Si nous n’entamons pas la construction de Mahana Beach, si nous n’ouvrons pas cette ferme aquacole, nous sommes foutus », déclare Gaston Flosse, qui précise que le casino inclus dans le futur complexe sera réservé aux seuls touristes.
L’abaissement du smig est critiqué par les syndicats et le Medef, qui considère que cette mesure aurait un impact limité.
- Gaston Flosse met brusquement fin aux fonctions de Brigitte Girardin comme représentante spéciale des autorités de la Polynésie française à Paris.
- Joinville Pomare bloque l’accès aux engins pour la construction d’un nouveau cimetière dans la vallée de Orofara, à Mahina.
- La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques rejette le bilan de campagne du maire de Mahina Patrice Jamet.

8 août - Une touriste américaine est attaquée par une meute de chiens à Bora Bora.

9 août - Les familles des victimes du crash d’air Moorea du 9 août 2007 attendent toujours l’ouverture d’un procès. L’association 9-8-7 dénonce une justice « portée disparue ».
- Onze nouveaux « radars pédagogiques » sont installés à Tahiti pour indiquer la vitesse des véhicules.

10 août - Moetai Brotherson, conseiller spécial d’Oscar Temaru, réagit au projet de loi sur le Tahiti Mahana Beach : « Le Tahoeraa n’a besoin de personne pour se coloniser puisque les Polynésiens sont considérés comme des sous-hommes, ils sont payés un sous-smig (…) et ils n’auront pas accès au casino ».

11 août - Prise de fonction du contre-amiral Bernard-Antoine Morio de l’Isle.
- La justice ordonne à Teiki Pambrun de quitter le lagon de Tetiaroa où il vit sur son  fare flottant et lui interdit d’approcher à moins de 10 km de l’atoll.

12 août - Le taux de chômage a doublé entre 2007 et 2012 pour atteindre 22%, selon l’ISPF.

13 août - La frégate chilienne Blanco Encalada est en escale à Papeete. 

14 août - Benoît Kautai (maire de Nuku Hiva) est élu président du conseil supérieur de la fonction publique communale.
- L'ancien hôtel Sofitel Maeva Beach (Punaauia) est entièrement détruit pour laisser place au nouveau complexe touristique du Mahana Beach.

20 août - Le conseil politique du Tahoeraa Huiraatira choisit les candidats Teura Iriti et Vincent Dubois pour les élections sénatoriales du 28 septembre. Richard Tuheiava (Tavini Huiraatira) est candidat à sa propre succession.
- Flosse est mis en examen pour trafic d'influence dans la passation du marché de l'hôpital du Taaone en 2003.
- Des tonnes de terre déversées dans le lagon de la baie de Vaianae (Moorea) par la mairie inquiètent les riverains.
- Une ferme de serveurs (« data center ») ouvre à Papenoo. Nommé Tahiti Nui Fortress, ce bâtiment permet aux entreprises de placer leurs serveurs informatiques dans un « bâtiment sécurisé et alimenté en énergies vertes ».

21 août - Tahiti Mahana Beach : le CESC donne un avis défavorable sur le projet de loi du pays sur la création d’une zone franche.
Les hôteliers critiquent le projet de loi qui va « créer une concurrence déloyale ».
- Condamnation de Gaston Flosse par la cour de cassation dans l’affaire des emplois fictifs : la cour d’appel de Papeete reporte son jugement concernant la demande de relèvement de déchéance de ses droits civiques.
- Gaston Flosse se rend sur la RDO où se déroule une « opération d’embellissement » : 5 000 pieds de bougainvilliers sont plantés sur le terre-plein central.
 - Forum régional sur les eaux de consommation. En Polynésie française, seules 9 des 48 communes fournissent de l’eau potable à leurs habitants.

22 août -Trois bâtiments de guerre japonais, deux destroyers et un bateau-école, avec à leur bord 510 marins, dont 170 élèves officiers, sont à Papeete. Ils effectuent un voyage de six mois à travers 13 pays du Pacifique.
- La flottille administrative veut se restructurer et « mieux desservir les îles éloignées ». Seuls trois navires sur sept sont opérationnels.

23 août - Interrogé sur le recours en grâce de Gaston Flosse, François Hollande estime qu'il faut appliquer les décisions de justice. 

25 août - Surf : le Tahitien Michel Bourez est éliminé lors de la dernière épreuve de la Billabong Pro Tahiti. Le Brésilien Gabriel Medina remporte la compétition devant l’Américain Kelly Slater. 

26 août - L’assemblée de Polynésie approuve la création d’un « conseil des réformes stratégiques », un « groupe de réflexion » sur les projets de développement du « pe’i », composée de sept personnalités. L’opposition parle de parachute doré pour Gaston Flosse.

27 août - Tahiti Mahana Beach : le flou le plus complet règne autour de la réalisation du projet et les rumeurs enflent aussi vite que les textes présentés par le “pe’i”. Dernière polémique en date lancée par le syndicat A Ti'a i Mua : le « salaire minimum de développement » à 120 000 Fcfp est-il limité à la durée de la construction du complexe touristique ?

28 août - Le « pé’i » et l'aviation civile chinoise signent un accord permettant l'ouverture de liaisons aériennes directes entre la Chine (Beijin, Shanghai et Canton) et la Polynésie française, avec une fréquence de 14 vols par semaine. Les compagnies aériennes bénéficiaires pourront utiliser Tahiti (et les trois mégapoles chinoises) comme escale, vers l’Amérique du Sud, par exemple.
- Le CESC rend un avis favorable, avec recommandations, pour un nouveau projet de loi du pays concernant la création de zones de développement économique prioritaires (Tahiti Mahana Beach, Moorea Mahana Beach, Atimaono et Hao) qui accueilleront les grands projets du gouvernement. Il permet d’accorder aux investisseurs des exonérations fiscales et douanières pour remplacer le dispositif de défiscalisation.
- Début des travaux de nettoyage de l'ancien hôpital Mamao à Papeete, avant démolition.

JD



Evénements dans le Pacifique Sud

4 août - Ils demandent l'asile en Australie. Au moins 25 délégués africains venus participer à la conférence mondiale sur le sida à Melbourne ont refusé de remonter dans l'avion. Parmi eux, il y a des ressortissants tanzaniens, ougandais et éthiopiens.
 - Pacifique : l'Australie consacrera 9 millions de dollars américains ces quatre prochaines années pour la conservation des ressources halieutiques.
5 août - La république micronésienne des îles Marshall poursuit en justice les neuf pays dotés de l'arme nucléaire, devant la Cour internationale de Justice de La Haye, et elle a déposé une autre plainte aux États-Unis. Les Îles Marshall les accusent de ne pas respecter les traités de désarmement nucléaire, qu'ils ont pourtant ratifiés. Les États-Unis ont commencé les essais nucléaires en 1946 aux Îles Marshall. Ils y ont fait exploser 67 bombes en 12 ans.
 - Samoa américain : le ministère de l'Éducation envisage de rendre obligatoire l'enseignement bilingue samoan-anglais. Le projet est vivement critiqué. Le sénateur Logovi'i estime que les parents envoient leurs enfants à l'école pour qu'ils y apprennent l'anglais, alors qu'ils parlent le samoan à la maison.
6 août - Samoa : première comparution d'un violeur en série, professeur dans une école pour handicapés. Vaiaoga Leatuvao, 36 ans, est la cible de 23 chefs d'accusation, des viols sur cinq adolescentes. Le professeur de langue des signes a fui le Samoa en 2013.
 - Tonga : le nouvel avion offert par la Chine est arrivé hier, après avoir été retenu, en transit, en Papouasie Nouvelle-Guinée, par un officiel qui ne voulait pas travailler le dimanche. L'avion, d'une capacité de 17 passagers, va être officiellement remis aujourd'hui au roi Tupou VI par l'ambassadeur chinois à Nuku'alofa. C'est le deuxième appareil offert par la Chine à la compagnie nationale, Real Tonga. Le premier, le fameux MA60, a provoqué un déclin du tourisme à Tonga, car la Nouvelle-Zélande le considère comme dangereux et a émis un avertissement aux voyageurs kiwis. Real Tonga a investi le mois dernier dans deux jets certifiés en Australie.
7 août - Vanuatu : le gouvernement va réformer la vente des passeports. Créé au début de l'année par l'ancien Premier ministre Carcasses, le système a généré un demi-million de dollars. Mais les ventes n'ont pas décollé comme espéré, car la principale clientèle, les ressortissants chinois, n'ont pas le droit d'avoir la double nationalité.
8 août - Samoa : deux personnes sont mortes de ce qui pourrait bien être le chikungunya. Quatre autres Samoans sont actuellement en soins intensifs. Mais le ministère de la santé n'a pas encore présenté ses conclusions. Au Samoa américain voisin, les autorités ont confirmé plus de 300 cas de chikungunya.
12 août - Samoa : objectif 100% compensation carbone. Apia accueille le sommet des Petits États insulaires en développement, fin août. Plus de 3000 personnes afflueront du monde entier, ce qui occasionnera un pic d'émissions de carbone. L'électricité pour le sommet sera produite à partir de l'énergie solaire, mais le gouvernement encourage les Samoans à agir de leur côté, en plantant des arbres ou en faisant du compost par exemple. 
- Papouasie Nouvelle-Guinée : l'exploitation de la mine de Ramu reprend, trois jours après une attaque menée par des villageois armés. Lors de cette attaque, cinq travailleurs chinois ont été blessés et du matériel a été brûlé. La mine de nickel est exploitée par une société chinoise.
 - Pacifique : trois pêcheurs tongiens retrouvés à Fidji. Les trois hommes ont été secourus par des plongeurs, à mi-chemin entre l'île principale de Fidji et Tonga. Les trois pêcheurs tongiens étaient portés disparus depuis le 30 juillet. 
14 août - Fidji : Mahendra Chaudhry a perdu son appel aujourd'hui. Le chef du parti travailliste a été condamné pour fraude fiscale en avril dernier. Il avait fait sortir 1,4 million de dollars du territoire sans en avertir la banque centrale fidjienne. La Cour d'appel n'a pas annulé la condamnation de Mahendra Chaudhry, mais les juges ont réduit son amende de moitié.
19 août - L'Australie va vendre son uranium à l'Inde. Le gouvernement indien a dû pour cela promettre qu'il n'utilisera pas l'uranium à des fins militaires. L'Inde n'a pas signé le traité de non- prolifération nucléaire.
20 août - Îles Salomon : les 250 habitants de Sikaiana sont à cours de nourriture et de médicaments. L'atoll, situé dans la province de Malaita, n'a pas reçu la visite du cargo de ravitaillement depuis cinq mois. Les potagers de l'atoll ne donnent plus suffisamment de nourriture. Les habitants appellent le gouvernement à l'aide. Le contrat de transport des marchandises d'Honiara à Sikaiana, financé par l'Union européenne et le gouvernement salomonais, a expiré en avril.
 - L'Australie laisse un vide médiatique dans le Pacifique. Le gouvernement a réduit de 60% le budget des médias internationaux de ABC, le principal groupe public. Notre radio, Radio Australie, est touchée de plein fouet, ainsi que la télé internationale Australia Network. Le plan social entre en vigueur cette semaine - 80 journalistes et techniciens ont perdu leur emploi. Et selon la chercheuse Tess Newton-Cain, de l'Institut Lowy, ce sont les médias chinois qui vont occuper la place vide laissée par l'Australie dans le Pacifique anglophone.
22 août - Bougainville : les petits actionnaires européens de BCL réclament des compensations financières. Le parlement de la province autonome a en effet adopté une loi de transition sur l'exploitation des mines début août. La loi supprime la licence de Bougainville Copper Limited, une filiale de Rio Tinto, sur la mine de Panguna. Le gouvernement bougainvillais va donc lancer un appel d'offres. Et même si la nouvelle loi donne un avantage à BCL, les actionnaires européens de BCL réclame des compensations financières. Ils demandent à Rio Tinto de poursuivre en justice les propriétaires coutumiers et les anciens de l'armée révolutionnaire bougainvillaise, qui ont détruit l'équipement de la mine pendant la guerre civile.
25 août - Îles Salomon : le Premier ministre est blanchi. La Commission d'Éthique a tranché jeudi dernier : selon elle, Gordon Darcy Lilo n'est pas coupable de mauvaise conduite. L'année dernière, une association citoyenne a accusé le Premier ministre d'adultère. Le président de la commission d'Éthique a conclu qu'il n'y avait aucune preuve.
- Papouasie Nouvelle-Guinée : les travaux de construction de l'autoroute entre Port-Moresby et Lae, ont enfin débuté. Lae, la deuxième ville du pays, est située à environ 300 km au nord de la capitale papoue. C'est le plus gros port du pays, d'où part le gaz naturel liquéfié et les minerais destinés à l'exportation. L'autoroute traversera la province Centre. Et ça inquiète le gouverneur qui craint un afflux de Papous venus des autres provinces, attirés par l'économie qui va se créer autour de cette autoroute. Le gouverneur s'inquiète de cet exode rural et des conséquences de la formation de bidonvilles dans la zone.
26 août - Australie : Clive Palmer envoie une lettre d'excuses à l'ambassadeur chinois. Le magnat minier, également sénateur et fondateur du Parti Uni de Palmer, a dérapé lundi dernier lors d'une intervention télévisée, traitant les Chinois de « bâtards qui tuent leurs propres concitoyens ».
- Samoa : le nombre de personnes infectées par le chikungunya explose. Il est passé de 51 à 269 cas en seulement deux semaines. Pus de 3000 visiteurs sont attendus à Apia cette semaine pour le sommet des petits États insulaires en développement.
27 août - Samoa : les réfugiés climatiques ne seront pas évoqués au sommet des petits États insulaires en développement qui s'ouvrira à Apia lundi. L'association écologiste les Amis de la Terre et d'autres groupes estiment qu'il faut ajouter une catégorie de réfugiés climatiques à la Convention de l'ONU sur les Réfugiés. Pourtant les choses commencent à évoluer.
- Tous les pays du monde envisagent de repousser l'âge de la retraite. Mais à Tonga, c'est le contraire qui se passe. Jusqu'à présent seuls les Tongiens âgés de 75 ans ou plus avaient droit à un paiement mensuel de 35 dollars américains. Désormais, cette retraite du gouvernement est accessible aux personnes âgées de 70 ans ou plus. Une mesure très populaire à Tonga.
28 août - Nouvelle-Guinée : le Tavurvur est entré en éruption sur l'île de Nouvelle-Bretagne.
- Samoa : l'inauguration du tout premier casino du pays aura lieu samedi. Il est situé près de l'aéroport international et emploie 100 personnes. Le premier ministre, Tuilaepa Sailele, compte sur le casino pour attirer plus de touristes au Samoa, les inciter à prolonger leur séjour et à dépenser plus. Les Samoans, eux, n'auront pas le droit d'aller jouer au casino. 

avec Pierre Riant et Caroline Lafargue de Radio Australie




Cérémonie de remises (très américaine) de diplômes par l’Ecole de Commerce de Tahiti. Certaines lauréates semblent
détenir tous les atouts indispensables pour réussir dans le commerce international.  (Ph. présidence)





Syndicalistes de Nouméa et Tahiti en route pour Wallis
et Futuna : on comprend mieux la raison pour laquelle
ce petit archipel est frappé par tant de grèves. (Ph. WB) 



Folie des bacs à fleurs à Papeete. On élimine les places de
parking alors que le nombre de véhicule augmente et après
on se lamente que les commerces de la ville périclitent.  (Ph. TPM)


Revendication foncière et sociale à Papeete. La fréquence de ce genre de manifestations dévoile le mal-être et la marginalisation
d’une partie de la population tahitienne qui ne se reconnait plus dans la société importée. (Ph. TPM)