N° 278, octobre 2014


­­4    BD
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 9    Confidences
10    La caste qui se gave
12    Humour
13    Baromètre
14    Image
15    Comment devient-on Flosse ? 
24    Nouvelle prison
25    Iaorana de Simone   
26    BD Air Gabegie
27    Le Gouverneur
29    The Best of LoLo
31    Photovoltaïque   
34    Du rififi chez les « bavards »
35    Tahiti “Belle Epoque”
38    Art océanien
41    Exposition canine   
42    Nouvelle : Le culte du fiu
48    Les événements du Pacifique en septembre
49    Les événements de Tahiti en septembre
50    Balises des îles­­




 



HUMOUR


 

 

 

Un problème « dans la tête »

S’il est une chose que le mois de septembre a démontré dans la sphère politico-administrative de Tahiti, c’est bien que les habitudes sont figées, inflexibles, sclérosées. En fait, les mentalités de la caste dirigeante et celles de ses subordonnés sont toujours du type colonial, avec un “gouverneur” (le président du “péi”) qui détient tous les pouvoirs et une administration qui rase les murs car ses membres sont conscients que perdre leur poste de privilégié les projetterait dans l’univers précaire du secteur privé au salaire bien inférieur, et cela lorsqu’on a la chance d’obtenir un emploi.
Comme les investisseurs potentiels (et de plus en plus rares et frileux) s’étonnent du coût des choses à Tahiti, notre gouvernement a décidé de créer des « zones franches » pour ses grands projets, zones dans lesquelles les ouvriers travailleront pour un Smic baissé de 20%. Oui, vous avez bien lu ! Il veut baisser les salaires les plus bas de 20%, expliquant qu’il vaut mieux travailler pour ce salaire que ne pas avoir de salaire du tout car, à Tahiti, il n’y a ni RMI ni RSA.  En échange de cette baisse, il n’offre rien du tout en compensation. Comme il avait annoncé une « zone franche », on aurait pu penser que, dans cette zone, les ouvriers aux salaires minorés puissent avoir accès à des magasins qui vendraient des produits “duty free”, donc des marchandises à moitié prix de celles surtaxées de Tahiti. Mais non, hélas, rien de cela !
Par contre, en ce qui concerne le monde des nantis, de ceux qui émargent sur les fonds publics, personne n’a parlé de baisser leurs salaires, ne serait-ce que de 10%, mais encore, on a appris à l’assemblée que les ANFA (Agents non fonctionnaires de l’administration territoriale) continuaient de bénéficier de “voyages administratifs”. Or bien pire encore est la découverte que “Président” peut signer des arrêtés, qui restent secrets, avec les membres d’officines territoriales qu’il crée (lire pages 10 et 11), comme ceci a été découvert avec le haut conseil de la P.F. Comment peut-on justifier ajouter à des salaires déjà faramineux des indemnités de ceci ou de cela de 1,2 million Fcfp (10 000 euros) mensuelle alors que 30% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, que 25% de la population est au chômage (dont 50% des jeunes). Tout observateur lucide et imbu de morale citoyenne ne peut que trouver scandaleux ces arrangements et arrêtés tenus secrets. Ils devraient tous être publiés car il s’agit là uniquement d’argent public, de taxes payées par le petit Tetuanui qui va acheter de quoi nourrir et habiller sa famille. Mais encore, la publication de la liste complète de ces cadeaux octroyés à la « gueule du client » permettrait certainement de mieux comprendre les jeux politiques de ces dernières décennies. Les textes régissant nos institutions chantent les devoirs d’« indépendance » et « d’impartialité » afin de « prévenir les conflits d'intérêts ».

Or à Tahiti, c’est “Président” qui nomme à tous les postes et  convoque ensuite les heureux nominés dans son bureau pour leur dire : « Ceci est entre nous, et ça reste secret : alors, combien tu veux pour m’être fidèle, pour obéir à mes ordres ? ». Et les textes permettent de garder secret ces scandaleux cadeaux faits avec de l’argent public ! C’est honteux ! C’est pire que les paradis fiscaux !
Le 25 août, sachant sa destitution imminente, l’encore président Flosse a créé un « Conseil des réformes stratégiques » (CRS) de la Polynésie française dont les membres compte ses fidèles des fidèles, tels Michel Paoletti, « conseiller spécial » de Flosse depuis 1984, Me Quinquis, son avocat, grand maître des procédures dilatoires qui lui a permis d’échapper aux foudres de la justice depuis bientôt 30 ans, et cinq autres membres également choisis par Flosse, une équipe engagée pour quatre ans (est-ce à dire jusqu’à la réélection de Flosse après sa période d’inéligibilité ?). Les conseillers de cette nouvelle officine percevront 13 000 Fcfp par heure de travail effectif lors des réunions en séance plénière et le président recevra, en plus, une indemnité mensuelle de 50 000 Fcfp. Mais l’article 6 stipule que « le président du conseil détermine, pour chaque sujet traité, le membre désigné pour diriger les travaux et rédiger l'avis ou le rapport ainsi que le montant de l'indemnité qui lui est accordée dans ce cadre ». Voilà encore des possibilités de “dérives”.

Mais il est vrai que l’économie (essentiellement marchande) de la  Polynésie française étouffe au milieu d'institutions trop rigides, d’une diarrhée de textes et de régulations. Les lourdes institutions sont devenues incapables de prendre en compte les évolutions et les exigences de la société et les freins et obstacles bureaucratiques et législatifs auxquels sont confrontés les investisseurs potentiels (Mahana Beach, aquaculture), comme nous l’avions annoncé dans un précédent éditorial.
Or l’ex-président Flosse l’a bien dit dans un moment de lucidité : « Si ces projets ne sont pas lancés, nous sommes foutus. » Il est donc indispensable d’arrêter de mettre des rustines sur un système économique agonisant, rustines qui n'ont fait que déplacer le problème et le rendre de plus en plus impossible à résoudre. Il faut rapidement produire quelque chose (tourisme, agriculture, etc.) afin de créer une richesse qui permettra de relancer la consommation.
 Toute société a besoin d'une élite. Le problème de Tahiti est d'avoir une élite mono-formatée car, depuis 30 ans, pratiquement tous nos diplômés ont choisi la sécurité et les douceurs de l’administration au lieu de se diversifier dans sa formation. Mais il est vrai qu’à Tahiti les enseignants, locaux comme expatriés, ont toujours chanté à leurs élèves les vertus du fonctionnariat, c’est-à-dire prêché pour leur propre chapelle. Comme quoi, l’éducation est bien à la base des problèmes économique et sociétale de nos îles. A Tahiti, le frein contre son développement futur est plus dans les têtes de son “élite” que dans ses ressources potentielles, plus dans le maintien de monopoles et corporatismes égoïstes et bornés.

Bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

 1er septembre - Va’a : Rete Ebb remporte la 23e édition de la super aito.

2 septembre - Affaire de l’atoll de Anuanuraro : le tribunal prononce la relaxe générale pour tous les prévenus (Gaston Flosse, Robert Wan, Edouard Fritch, Gaston Tong Sang, George Puchon et Henri Bontant). Il était reproché au « pe’i’ » d’avoir acquis, au prix fort, l’atoll de Robert Wan acheté en 2002 pour 850 millions de Fcfp. Gaston Flosse était alors président de la Polynésie française.

3 septembre - Michel Paoletti est élu président du nouveau « Conseil des réformes stratégiques ».
- Le championnat du monde de pétanque, qui devait se tenir en octobre à Tahiti, est reporté à 2015 par crainte du virus Ebola.

4 septembre - Affaire des emplois fictifs : la Cour d’appel de Papeete rejette la demande de relèvement de la peine d’inéligibilité de Gaston Flosse, ainsi que celle du maire de Papara, Bruno Sandras. Pour Teva Rohfritsch (A Ti’a Porinetia), « la coupe est pleine et j'appelle le président à démissionner ».

5 septembre - Affaire des emplois fictifs : François Hollande rejette le recours en grâce présidentielle demandé par Gaston Flosse. Puis, le haut-commissariat prend un arrêté déclarant démissionnaire d’office de ses fonctions de président de la PF et de représentant à l’Assemblée de la PF qu’il notifie ensuite au président.
- Ouverture du 13e salon du tourisme à Faa’a.

7 septembre - Perte de mandats de Gaston Flosse : « La justice, c'est un peu comme à la loterie, on ne sait jamais qui va gagner, qui va perdre. C'est un peu la roulette russe », déclare l’ex-président sur Polynésie Première qui regrette « l'ingra-titude de l'Etat après tant d'années de loyauté à défendre ses intérêts dans le Pacifique ».

8 septembre - Réactions à la perte de mandats de Gaston Flosse : la ministre des Outre-mer estime qu’il était temps de tourner la page Flosse. Teva Rohfritsch (A Ti’a Porinetia) demande à Gaston Flosse de prendre sa retraite.

9 septembre - Jacques Derue, ancien directeur de l'Etablissement des grands travaux, est mis en examen dans le dossier de passation du marché de la construction de l'hôpital du Taaone.
- Ouverture du salon de l’auto.
10 septembre - Condamnés définitivement dans l'affaire des emplois fictifs, les syndicalistes Cyril Legayic et Jean-Marie Yan Tu perdent leur mandat.

11 septembre - Tauhiti Nena et Richard Tuheiava (UPLD) sont candidats aux sénatoriales.

12 septembre - Election du président du « pé’i » à l’Assemblée de la Polynésie française : deux candidats se présentent, Edouard Frich (Tahoera’a Huiraatira) et Richard Tuheiava (UPLD). Edouard Frich est élu avec 46 voix. Richard Tuheiava obtient 10 voix sur les 56 exprimés.
- Christelle Lehartel succède à Bruno Sandras à la tête de la commune de Papara.

15 septembre - Marcel Tuihani (Tahoera’a Huiraatira) est élu à la présidence de l’Assemblée de Polynésie avec 38 voix. Second candidat, Antony Géros recueille les 11 voix de l’UPLD. Les représentants de A Ti’a Porinetia votent blanc.

16 septembre - Grève des pilotes à Air France :  tous les vols sont annulés.
- Edouard Fritch constitue son gouvernement : il compte 11 ministres, dont deux femmes, et seulement trois ministres du gouvernement de Gaston Flosse. Heremoana Maamaatuaiahutapu (ministre de la Culture) et Patrick Howell (ministre de la Santé), respectivement directeurs de la Maison de la Culture et de l’Institut Louis Malardé, ne peuvent siéger avant six mois.
- Teiva Manutahi est candidat aux élections sénatoriales.
- Commémorations du centenaire du bombardement allemand sur Papeete le 22 septembre 1914 : la commune organise des randonnées urbaines, des conférences et des expositions.
- Gaston Flosse est déchu de son mandat de sénateur par le Conseil constitutionnel.

17 septembre - Loma Oputu et Teva Despériers sont les deux candidats A Ti'a Porinetia pour les sénatoriales.
- Le comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires passe sous la tutelle du ministère de la Santé.

18 septembre - Dans un discours prononcé à l’assemblée, Marcel Tuihani rend hommage à Gaston Flosse : « Notre devoir à tous est de respecter le travail accompli ».
- Un bonitier chavire au large de Maupiti avec dix personnes à bord. Elles sont sauvéss grâce à leur balise de détresse.

20 septembre - Un millier d’athlètes participent au Raid Painapo à Moorea. 
22 septembre - Projet aquacole : après s’être rendus à Hao, des dirigeants de la société Tian Rui rencontrent le président du « pé’i » qui souhaite une installation rapide de la société Tahiti Nui Ocean Foods qui s’occupera de la gestion du projet. 

23 septembre - Deux magistrats de la direction des Affaires civiles et du ministère de la Justice sont en PF dans la perspective de l’installation d’un tribunal foncier.
- Ouverture des nouveaux rond-point et tunnel de Punnauia. 

24 septembre - Nucléaire : le tribunal administratif de Papeete accepte de recevoir les demandes d’indemnisation de victimes après plusieurs rejets dans le cadre de la loi Morin.

25 septembre - Affaire de la passation de marché pour la construction de l'hôpital du Taaone : Gaston Flosse et Jacques Derue (ancien directeur de l'Etablissement des grands travaux)  sont  confrontés dans le bureau du juge d'instruction Philippe Stelmach.
- Inauguration de la foire agricole.
- Gaston Flosse est nommé « conseiller spécial auprès de la présidente du groupe Tahoera'a Huiraatira à l'Assemblée ».
- Les onze élus du groupe UPLD déposent une plainte collective contre X pour dénoncer les conditions de l’attribution, par le gouvernement Flosse, du marché pour la conception du projet Tahiti Mahana Beach au cabinet d’architectes hawaiien Group 70 International.

28 septembre - Elections sénatoriales :  Vincent Dubois (gendre de Gaston Flosse) et Teura Iriti, du Tahoera'a Huiraatira, sont élus parmi douze candidats. Ils recueillent plus de 400 voix chacun sur un total de 713 grands électeurs.

29 septembre - Décès de l’homme d’affaires Julien Siu.
- Gaston Flosse écrit à François Hollande pour rendre sa Légion d'honneur.

30 septembre - Affaire du Service d’étude et de documentation (Sed) : le procès est reporté et se tiendra du 23 au 27 mars 2015. La juriste Annie Rousseau est de nouveau reçue comme partie civile aux côtés d’Alex du Prel.
- Le projet du Tahiti Mahana Beach est en suspens en raison d’une mésentente juridique entre le maître d'ouvrage TNAD (Tahiti Nui aménagement et développement) et le cabinet d'architectes hawaiien Group 70 International.

JD


Evénements dans le Pacifique Sud

1er septembre
- Ban Ki-Moon est au Samoa pour le sommet mondial des petits États insulaires en Développement. Le secrétaire-général de l'ONU s'est dit très inquiet des conséquences du changement climatique sur les pays du Pacifique et il a appelé une nouvelle fois les grands pays à se mobiliser. Le secrétaire-général de l'ONU a promis que la création d'un statut de réfugié climatique fera prochainement l'objet de discussions.
- Îles Salomon : deux enfants sont morts de la rougeole. Plus de 550 cas ont été diagnostiqués depuis le début de l'épidémie en juillet. Mais le nombre de malades devrait plutôt atteindre plusieurs milliers, selon le ministère de la Santé.

2 septembre
- Tonga devient le premier pays au monde à légiférer sur l'exploitation minière de ses fonds marins. La loi, préparée avec l'aide de la CPS et de l'Union européenne, impose une consultation publique et une étude d'impact environnemental avant d'autoriser l'exploitation. Actuellement, trois compagnies minières explorent le plancher de l'océan dans les eaux de Tonga.
- Tuvalu : le gouvernment subventionne les billets d'avion des marins depuis juillet. Et selon lui, cela a sauvé beaucoup d'emplois. Tuvalu est très isolée, les billets sont très chers, et les liaisons aériennes peu fréquentes. Les compagnies de transport maritimes vont donc recruter leurs marins en Asie. Depuis début juillet, le gouvernement tuvaluan rembourse la moitié du prix du billet vers Fidji pour les marins.
- Papouasie Nouvelle-Guinée : le gouvernement débloque 405 000 dollars américains pour les victimes de l'éruption du Tavurvur. Ce volcan situé sur l'île de Nouvelle-Bretagne a craché de la cendre et des pierres dernièrement, brûlant de nombreux jardins potagers et quelques bâtiments.
Samoa : le plus grand parc solaire du Pacifique Sud a été inauguré à Apia. Les 10 000 panneaux solaires photovoltaïques ont été installés sur le champ de course de Faleata. Le parc va assurer la production de 4,5% de l'électricité du pays. Le projet est financé par la Nouvelle-Zélande, l'Union européenne et le Samoa.

4 septembre
- Bilan du sommet des petits États insulaires en développement : plusieurs centaines de partenariats ont été signés. Une soixantaine d'accords ont été conclus dans le domaine de la sécurité alimentaire, de l'accès à l'eau potable et de la gestion des déchets. Par exemple, le Fond international pour le développement de l'agriculture s'engage à donner trois millions de dollars pour un programme de culture de fruits et légumes et d'élevage de volailles à Kiribati, l'objectif secondaire étant d'améliorer le régime des habitants et de lutter contre l'obésité. 12 000 personnes bénéficieront de ce programme à Kiribati.

8 septembre
- Kiribati : les Églises se mobilisent contre le projet de rétablissement de la peine de mort. La loi a été votée par le Parlement en première lecture la semaine dernière. La peine de mort est censée stopper une vague de crimes conjugaux, selon le président de Kiribati. 
Samoa américain : plus de 700 personnes sont infectées par le chikungunya. Les premiers cas ont été diagnostiqués en juillet. 11 malades ont été hospitalisés, mais le chikungunya n'a encore tué personne.
- Fidji est l'un des pays au monde où le taux de suicides est le plus élevé. En 2012 il y a eu 160 suicides et tentatives ratées.
 
9 septembre
- Vanuatu : 52 employés de l'hôtel de luxe Le Lagon ont été licenciés après s'être plaints du non-versement de leurs salaires et de leurs avantages salariaux. Après l'intervention du syndicat national des travailleurs vanuatais, et du gouvernement, les 52 salariés ont été ré-embauchés. Le syndicat n'a pas précisé si la direction s'était engagée à verser les arriérés de salaires.
 
10 septembre
- Aux Îles Marshall, les débris d'une fusée ont été découverts sur une plage de l'atoll de Wotje. D'après l'ambassade américaine à Majuro, il s'agit du lanceur de la fusée Pégase, utilisée par la NASA le 27 juin 2013 pour mettre sur orbite le télescope spatial IRIS censé observer le soleil et ses éruptions.

16 septembre
- L'armée américaine a débuté de grandes manœuvres militaires à Guam, avec 19 navires de guerre, plus de 200 avions et 18 000 militaires. Cet exercice conjoint entre la marine, l'armée de terre et l'armée de l'air américaines a lieu deux fois par an. Les militaires s'entraîneront à rechercher des sous-marins, à arraisonner des navires suspects en mer, et testeront le nouveau système de défense anti-missile, installé récemment sur Guam pour répondre à une possible attaque par la Corée du Nord.
 
22 septembre
- Fidji : le nouveau Premier ministre démocratiquement élu, Franck Bainimarama, prête serment. Il a salué sa victoire lors d'un meeting dans un stade de Suva. Plusieurs milliers de Fidjiens sont venus l'acclamer. Les résultats définitifs déclarent  Franck Bainimarama et son parti Fiji First vainqueur avec 32 des 50 sièges du Parlement, avec 60% des voix. Derrière vient le parti social-démocrate indigène Sodelpa, avec 30% des voix et 15 sièges.
- Au Vanuatu, Baldwin Lonsdale est le nouveau président de la République. Ce prêtre anglican, était jusqu'à présent le secrétaire-général de la province de Torba, à l'extrême nord du pays. Il a été élu par 46 des 58 membres du collège électoral, qui est composé des 52 députés du Parlement et des gouverneurs des six provinces.
- Au Vanuatu, le ministre des terres et des matières premières, balaie les rumeurs de projet de construction d'une usine de nickel à Santo par le groupe calédonien MKM avec son partenaire chinois Jin Peï. Objectif : valoriser le nickel calédonien de moindre qualité.

23 septembre
- L'Union européenne va bientôt rétablir des relations totalement normales avec Fidji. Après le coup d'État de Franck Bainimarama en 2006 et son refus d'organiser des élections en 2009, l'Union européenne avait imposé des sanctions à Fidji, entre autres la diminution drastique du financement des projets de développement.

24 septembre
- Vanuatu : l'ambassade de Chine non plus n'a jamais entendu parler du projet de construction d'usine de nickel à Santo, pourtant annoncé par la compagnie minière calédonienne MKM et son partenaire chinois Jin Peï. Objectif : valoriser le nickel calédonien de moindre qualité. En début de semaine, c'est le ministre des ressources naturelles et des terres, Ralph Regenvanu, qui faisait part de sa surprise, ajoutant qu'il n'approuverait pas la construction d'une usine de nickel sur Santo, pour ne pas compromettre l'industrie touristique. L'autorité de promotion des investissements au Vanuatu, et le mouvement coutumier de Santo, le Nagriamel, affirment aussi ne pas avoir été consultés.
 - Bougainville : le président John Momis s'en prend à Jubilee Australia. Cette ONG australienne, qui s'attaque à « l'injustice de la dette du tiers-monde », publie un rapport sur la proposition de réouverture de la mine de Panguna. Selon le rapport, les propriétaires coutumiers auraient été exclus des discussions sur la remise en exploitation. John Momis accuse l'ONG de baser tout son rapport sur 65 témoignages, alors qu'il y a 10 000 riverains autour de la mine. C'est la mine de Panguna, exploitée par Rio Tinto, qui a déclenché la guerre civile en 1989. Les Bougainvillais s'estimaient spoliés par l'État papou, et accusaient le gouvernement de rafler une bonne partie des royalties.
- Samoa américain : le gouverneur a signé la nouvelle loi sur l'immigration, qui régularisera 2400 étrangers vivant sur le territoire. Il y a une liste d'attente, les autorités ont demandé aux étrangers de venir s'inscrire auprès des services de l'immigration. 2900 Samoans se sont donc inscrits. Mais le quota de titres de séjours reste limité à 2400.  

29 septembre
- Tonga : l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a débuté la construction de 114 maisons sur les îles Ha'apai, en co-financement avec la Banque mondiale et le gouvernement tongien. Le groupe insulaire a été durement frappé par Ian le 11 janvier dernier. Le cyclone a fait un mort, et causé des dégâts dont la facture totale se monte à 50 millions de dollars, soit 11% du PIB de Tonga.         - Fidji : dix jours après son élection, Franck Bainimarama tourne une page d'histoire dans un discours devant l'Assemblée générale de l'ONU, estimant que le scrutin du 17 septembre « avait mis fin à 40 années d'un système injuste et antidémocratique ». Le Premier ministre a aussi dévoilé ses ambitions internationales. Il veut faire de Fidji le pays dominant de la région Pacifique et jouer un plus grand rôle dans le monde, dans la lutte contre le changement climatique.  

avec Caroline LAFARGUE à Radio Australie


 
L’anthropologue Christian Ghasarian a dédicacé son dernier livre intitulé Rapa, île au bout du monde, île dans le monde,
un pavé qu’il a mis 12 ans à compléter. (Ph. W. Bringold.)



Lucie Decosse, championne du monde et championne olympique de judo, a fait le détour par Tahiti pour venir à la rencontre des judokas de Polynésie française. (ph. W. Bringold)





Le photographe Philippe Bacchet a réédité son livre Îles et lumières. ((Ph. W. Bringold.)




La fondation américaine PEW a ouvert une annexe en Polynésie française pour collaborer avec les populations et le gouvernement afin de créer
des réserves marines pour assurer la pérennité de la ressource halieutique.
Pour commencer, l’intérêt se cible sur les Iles australes. (Ph. W. Bringold.)




Décédé : Pierre RIANT, directeur de la rédaction francophone de Radio Australie et collaborateur occasionnel de TPM, d’un cancer à l’âge de 57 ans. A sa famille et ses amis, Tahiti-Pacifique présente ses sincères condoléances.




Décédé : Randall Douglas Mertz, dit Randy, un amoureux de Tahiti originaire de l’Arizona qui, depuis 32 ans,
est venu passer chaque année trois mois de vacances à Moorea avec son épouse.