N° 284, avril 2015

La plus forte vente de magazine du Pacifique francophone
1ère rédaction écologique (100% énergie solaire) au monde !


4    BD
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 9    Confidences
10    Tourisme
11    Actualité
12    Humour
13    Baromètre
14    Humour
15    Procès du SED
18    BD
19    Encore du courrier
21    Iaorana de Simone
22    Cyclone au Vanuatu   
25    Merci l’OPT !
27    Tahiti, “péï” de l’attente
31    Pomare IV et les missionnaires
39    Polémique
40    Archipels aux noms féminins
42    Nouvelle : Météo
48    Les événements du Pacifique en mars
49    Les événements de Tahiti en mars
50    Balises des îles­­

 


HUMOUR

 

 

 

Petit message pour Madame la ministre des Outre-mer…

L’événement majeur du mois de mars 2015 en Polynésie française a certainement été la visite de Madame George Pau-Langevin, ministre des Outre-mer.  Une visite attendue depuis longtemps alors que la situation économique à Tahiti continue de se détériorer, ce qui n’empêche pas notre “caste” de continuer de se “gaver” avec les fonds publics… Hormis le mirage des investissements pharaoniques chinois dont on attend toujours un premier acte concret, un premier yuan investi, aucun plan de développement à long terme crédible n’a été présenté, voire élaboré. Or qu’a proposé la ministre ? Certainement pas la refonte du système actuel, lequel repose sur une augmentation constante des “transferts” de métropole et l’actuel système économique et fiscal de consommation sans production, une consommation basée essentiellement sur le pouvoir d’achat d’un secteur public financé par des taxes et impôts débiles qui font de Tahiti la destination la plus chère au monde. Une aberration qui non seulement rend tout développement durable impossible, mais est la source d’inégalités maintes fois dénoncées, une armée de pauvres en situation de survie qui regardent les riches passer sans honte dans leurs énormes 4X4 climatisés.
Un triste phénomène qui, hélas, se révèle être aussi la norme dans tous les petits Etats insulaires du Pacifique. Voici cinq ans, John Hayes, alors président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement de Nouvelle-Zélande, avait prononcé un discours à l’Institut des Affaires internationales. Des propos cinglants à l’égard de la politique des gouvernements des îles du Pacifique qui méritent d’être mémorisés, soulignés, et que Madame la ministre des Outre-mer devrait lire.
Il faut expliquer ici que la Nouvelle-Zélande a accordé l’autonomie de gestion (“self government”) à trois Etats dont elle avait la tutelle : les îles Cook, Niue et le Tokelau dont les habitants ont la nationalité kiwi et peuvent émigrer dans ce pays, tout comme des Etats tels que Samoa, Tonga, le Kiribati et Tuvalu. La ville d’Auckland et sa banlieue comptent désormais une population polynésienne supérieure à celle de toutes les îles du Pacifique.
Mr Hayes a fait une analyse de l’aide accordée de la part des gouvernements néo-zélandais qui n’a pas pris connaissance – ou choisi d’ignorer – de la gabegie avec l’aide reçue par ces îles. Et il étaye ses accusations avec des faits concrets. Ainsi, « le nombre d’habitants des Îles Cook, de Niue et des Tokelau qui a élu domicile en Nouvelle-Zélande démontre sans équivoque que le moment est venu de reconnaître que le modèle “d’autonomie” accordée à ces gouvernements n’a pas apporté de richesse et des services sociaux pour les populations, car il ne fonctionne que pour leurs élites politiques et bureaucratiques… Une forte majorité de ces communautés a voté avec ses pieds : plus de 90% des habitants des Îles Cook et 98% de Niue ont émigré. Dans une communauté restante de 1200 personnes sur l’île, Niue garde toujours 20 membres à son parlement. Un député a été élu avec six voix exprimées… Aucune communauté ne peut se permettre un tel niveau de représentation. Le problème fondamental est que la grande caste politique et bureaucratique n’a pas créé la richesse ou les services que leurs communautés désirent… Les contribuables néo-zélandais sont fâchés : le gouvernement de N.-Z. fournit près de 40 millions de dollars NZ [3 milliards Fcfp] chaque année en aide à moins de 3000 personnes vivant aux îles Tokelau et à Niue ». 
Hayes poursuit son réquisitoire : « Le modèle d’auto-gouvernance a créé des gestions inefficaces, non rentables et de gaspillage ». Et d’y ajouter la gabegie des incessantes conférences des organismes régionaux tels la Communauté du Pacifique (CPS), le Forum des Îles du Pacifique [si cher à Flosse et Temaru], le Fer de Lance mélanésien, etc., toutes financées par les pays donateurs (dont la France) : « La mode d’une multitude de réunions régionales, combinée avec les indemnités journalières payées aux participants selon le barème de l’ONU, a créé des incitations financières pour les dirigeants de la région et leurs fonctionnaires. Ils augmentent ainsi leurs revenus grâce à des déplacements constants, plutôt que de se pencher sur les problèmes de leurs pays… Le parlement des îles Cook a même voté une loi déclarant que révéler combien les parlementaires dépensent lors de leurs voyages est un délit… Le modèle [de l’autonomie] a encouragé Niue à embaucher environ 90% de sa population âgée de 18 à 60 ans dans sa fonction publique. Depuis trop longtemps, les fonctionnaires de la région ont utilisé les fonds d’aide pour créer de la bureaucratie ».
La critique de M. Hayes expose clairement la façon dont ceux-ci ont trahi leurs mandats en dilapidant les fonds obtenus, de manière à ce que pratiquement rien de cet argent ne filtre jusqu’à la population. Pas étonnant que tant de gens de ces îles, où ils se trouvent exclus de l’aide que s’est accaparée “une caste”, fassent leurs valises pour aller vivre en Nouvelle-Zélande ou en Australie. L’évidence qui ressort clairement de ce réalisme néo-zélandais est que les aides accordées aux îles du Pacifique par les grands pays, l’Europe ou la Banque de développement asiatique ne contribuent nullement à un développement économique ou social mais, au contraire, créent des bureaucraties pléthoriques qui, à terme, consomment toutes les ressources de ces pays insulaires, empêchant ainsi une dynamique économique viable.
La Polynésie française est un exemple parfait de ce phénomène, à l’échelle 10, car il y existe aussi une collusion entre les gouvernants et les grands monopoles.
Lors du dernier recensement, l’ISPF a révélé que de plus en plus de jeunes diplômés de Tahiti émigrent vers d’autres pays plus intelligents au point de stopper la croissance démographique, une “fuite des cerveaux” habituelle dans les îles et que la manne du CEP avait stoppée en 1965.

Ceci dit, chers lecteurs, bonne lecture en me permettant de vous remercier pour votre fidélité et vos nombreux encouragements reçus  ces derniers temps.

 

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

2 mars - Les prochaines élections sénatoriales sont fixées au 3 mai.
- Le président Edouard Fritch est aux Tuamotu aux côtés du président de la commission des lois de l’Assemblée nationale, Jean-Jacques Urvoas.

3 mars - CPS : les employés déposent un préavis de grève.
- Les élus de l'assemblée adoptent le Contrat de projets 2015-2020 à 44 voix pour et 10 abstentions (UPLD) : 38 milliards Fcfp sont consacrés aux investissements du « pé’i » et 12 milliards Fcfp aux communes. Le maire d’Arue, Philip Schyle (représentant A ti'a Porinetia), affirme que 12 milliards Fcfp ne suffiront pas, car il faut entre 50 et 100 milliards rien que pour que les communes offrent de l'eau potable à leurs administrés.

4 mars -Tahiti Tourisme vise les visiteurs chinois et a lancé son nouveau site en mandarin : www.tahiti-tourisme.cn

6 mars - La décharge municipale de Faa'a est en feu et les tentatives d'éteindre l'incendie restent vaines.

9 mars - La ministre des Outre-mer, George Pau Langevin, arrive à Tahiti et signe le Contrat de projets État-Pays et État-Pays-Communes. La grosse interrogation reste le retour de l'Etat au financement du Régime de solidarité. L'Etat s'est engagé sur 1,4 milliard Fcfp par an sur trois ans. Mais la Convention État-Pays sur ce financement pose des conditions prenant en compte le rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) sur le système de santé de PF.

10 mars - Visite ministérielle : George Pau Langevin se rend aux îles de Rurutu et Tubuai (Australes) où il est question d’agriculture, d’environnement et d’investissements dans les équipements scolaires et la formation des jeunes.
- Le Conseil d’Etat estime que les attributions du Haut conseil peuvent affecter l’équilibre des institutions de Polynésie.

11 mars - Visite ministérielle : George Pau Langevin est à Manihi (Tuamotu) puis à Maupiti (Iles Sous-le-Vent) autour des thèmes de la perliculture, de l’environnent et du développement du tourisme.
Interrogée au journal télévisée sur la rétrocession des terrains militaires, la ministre affirme que « le principe ne peut pas être que l’Etat donne tout gratuitement. Il faut que l’on se mette d’accord sur des sommes ». Concernant le retour de l'Etat au financement du Régime de solidarité, « ça va être “donnant, donnant” », affirme George Pau Langevin.

13 mars - Yves Laugrost, trésorier du syndicat A Ti'a i Mua, est élu à la tête du conseil d'administration de la Caisse de prévoyance sociale (CPS).

16 mars - Cyclone Pam au Vanuatu : le « pé’i » débloque une enveloppe de 10 millions Fcfp pour aider les sinistrés du Vanuatu (tronçonneuses, groupes électrogènes...). Le Casa de l'armée de l'air embarque près de 2,5 tonnes de matériels et des secouristes. 

17 mars - Le tribunal correctionnel de Papeete se saisit d’une procédure en diffamation engagée par Gaston Flosse, en 2013, à l’encontre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, deux journalistes du Monde, après la publication d'un article sur l'enquête concernant la disparition de Jean-Pascal Couraud (JPK). Le jugement est mis en délibéré jusqu’au 19 mai.
- Pour avoir mis à disposition, fin 2011, deux agents municipaux pour réaliser des travaux chez son épouse, le maire de Rangiroa, Teina Maraeura, est condamné pour prise illégale d'intérêt et détournement de fonds publics à 4 mois de prison avec sursis, 400 000 Fcfp d'amende et un an d'inéligibilité.

18 mars - Nouveau préavis de grève à la CPS.
- Qualité des eaux de consommation : seulement cinq communes (Papeete, Arue, Mahina, Faa’a et Bora Bora) sont en conformité totale, selon le Centre d’hygiène et de salubrité publique (CHSP).

19 mars - Dans une lettre ouverte adressée au président Edouard Fritch, Reporters sans frontières (RSF), fait part de ses inquiétudes concernant la liberté de la presse en PF.
- A Raiatea, la direction de l'hôtel Hawaiki Nui annonce sa fermeture à la fin du mois. La Polynésie disposait d’un parc hôtelier de 47 unités en 2009, il n’y en avait plus que 36 en 2014.
- Lancement du site Internet « ia-ora.com » qui permet d’effectuer une réservation dans des pensions de famille.

20 mars - Affaire OPT-Sofrecom : le parquet général requiert, à l’encontre de Temauri Foster, 5 ans de privation des droits civiques et 2 ans de prison avec sursis.

23 mars - Premier jour du procès du SED (Service d’études et de documentation) : Gaston Flosse, son ancien directeur de cabinet, l’ancien chef du SED et cinq anciens agents sont convoqués au tribunal pour répondre du délit d'atteinte à la vie privée. Créé en mai 1997, le Service d’études et de documentation avait pour mission d’espionner les opposants politiques de Gaston Flosse et certains journalistes. Alex du Prel, fondateur de Tahiti Pacifique, est le seul plaignant présent au tribunal. Pour maître François Quinquis, avocat de Gaston Flosse, « le terme espionnage est totalement inapproprié. On pourrait éventuellement, au pire, parler de renseignement et encore le renseignement politique n’est évidemment pas prohibé ».

24 mars - Deuxième jour du procès du SED : le ministère public requiert un an ferme et cinq ans d'inéligibilité à l'encontre de Gaston Flosse, pour le délit d'atteinte à la vie. Des peines de prison avec sursis sont également requises contre Jean Prunet, le directeur de cabinet de l'ancien président, André Yhuel, et Félicien Micheloni, qui dirigeaient la cellule de renseignement de la présidence, de 1997 à 2004. Le jugement est mis en délibéré et sera rendu le 23 juin.
- Le deuxième préavis de grève en trois semaines à la CPS prend effet. Plus d'une centaine de grévistes se rassemblent devant le siège de la CPS à Papeete. Les critiques visent le directeur de la CPS, Régis Chang, et les réorganisations de cette administration. En effet, le « pe’i » envisage de revoir la convention collective dont bénéficient à l’heure actuelle les salariés de la Caisse pour obtenir, en contrepartie, la participation financière de l’État au Régime de solidarité (appelée « Convention Etat-Pays pour le financement du Régime de solidarité »).

25 mars - Troisième jour du procès du SED : Gaston Flosse est jugé sur la légalité des contrats cabinets passés entre le personnel du service et leur employeur de l’époque, la présidence. Dans ce second volet de l’affaire, le procureur de la République, José Thorel, requiert à son encontre deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité pour les délits de « détournement de fonds publics par personne investie d’un mandat public, et de faux et usage de faux ». La chambre territoriale des comptes a évalué à 623 millions Fcfp les dépenses engagées de 1997 à 2004 pour permettre le fonctionnement du SED. Le jugement est mis en délibéré jusqu’au 23 juin.
- Deuxième jour de grève à la CPS : le syndicat A Ti'a I Mua (dont le trésorier,Yves Laugrost, est le président du CA de la CPS) se désolidarise du mouvement.
 
26 mars - Le tribunal administratif annule plusieurs articles de l’arrêté fixant la qualité et les attributions du haut conseil de la Polynésie française. L'instance devient un simple service chargé au besoin de l’analyse juridique des projets législatifs du « pé’i ».
- Les ministres Heremoana Maamaatuaiahu-tapu à la Culture et Patrick Howell à la Santé, sont officiellement nommés.
-  Opération “Solidarité Vanuatu” : six conteneurs remplis grâce aux dons de la population polynésienne seront à Port Vila le 13 avril. Le “pé’i” accorde également une aide exceptionnelle (matériaux, fournitures, denrées...).
- Des préavis de grève sont déposés au CHPF et à l'OPT.

27 mars - « Convention Etat-Pays pour le financement du Régime de solidarité » :  la commission de l’économie et des finances de l’assemblée adopte une version très modifiée du texte. 
- Gaston Flosse, président du Tahoera’a Huiraatira, menace Lana Tetuanui et Nuihau Laurey d’exclusion du parti s’ils se portent candidats aux élections sénatoriales. 

29 mars - Nuihau Laurey confirme sa candidature aux élections sénatoriales. 


Juliette DOUCET


Evénements dans le Pacifique Sud

2 mars - Nucléaire : les Îles Marshall demandent une meilleure compensation aux Etats-Unis. Comme chaque année, début mars, les Îles Marshall commémorent le tir de la bombe à hydrogène « Bravo » sur l’atoll de Bikini. C’est la bombe la plus puissante jamais utilisée par les États-Unis. 61 ans après, les Marshallais attendent toujours de recevoir des compensions justes et équitables. Les États-Unis et les Îles Marshall ont négocié un accord de compensation dans le cadre du Pacte de libre association, dans les années 1980, mais cet accord est aujourd’hui jugé insuffisant par les habitants.
- Les Îles Cook relancent leur projet de réserve marine géante. Baptisé Marae Moana, ce parc marin devrait couvrir plus d’un million de kilomètres carrés. Le Premier ministre des Îles Cook, Henry Puna, a annoncé sa création il y a plus de deux ans, mais il manque toujours un cadre légal pour concrétiser le projet. Un groupe de travail vient d’être mis en place, et un projet de loi devrait être présenté d’ici le mois de juin.
4 mars - La Nouvelle-Zélande a espionné ses voisins du Pacifique au profit des États-Unis : c’est la dernière révélation-choc qui ressort des documents fournis par Edward Snowden sur l’agence de renseignement américaine, la NSA. Selon lui, Wellington a espionné pratiquement toute la région : les Samoa, les Fidji, les Tonga, les Îles Salomon, le Vanuatu, Kiribati, Tuvalu, Nauru, mais aussi les territoires français – la Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française. L’Australie n’est pas épargnée par ces fuites. Les agents de renseignement australiens auraient travaillé avec leurs homologues néo-zélandais pour espionner des pays de la région, mais c’est surtout l’Indonésie qui aurait été ciblée.
- L’Australie doit attirer 250 000 migrants par an pour soutenir la croissance économique. C’est ce que recommande le Conseil migratoire australien, qui insiste sur le fait que les migrants sont en général de jeunes travailleurs diplômés, et contribuent donc à remplir les caisses de l’État. Une recommandation rendue publique en même temps qu’un rapport sur la population australienne. Un rapport dont le principal message est : si les Australiens veulent maintenir leur niveau de vie, ils vont devoir travailler plus longtemps et être plus productifs.
- Alors que plusieurs pays de la région essayent désespérément d’attirer des touristes chinois, Palau cherche, au contraire, à réduire le flot de vacanciers en provenance de l’empire du Milieu. Le gouvernement vient d’ordonner une réduction de 50% du nombre de vols charters. Au moins dix vols par semaine devraient être supprimés. Des restrictions de visa sont également envisagées si la réduction des vols ne suffisait pas. Cette mesure est annoncée alors que le nombre de touristes chinois a bondi, l’an passé : ils sont plus de 140 000 à s’être rendus dans cette île micronésienne, située à l’est des Philippines.
5 mars - Les pays du Pacifique peu perturbés par les révélations sur l’espionnage néo-zélandais : « Ça ne va pas m’empêcher de dormir ! ». C’est ainsi qu’a réagi le Premier ministre samoan. Des révélations qui n’ont pas beaucoup ému les pays visés. « C’est leur problème, allez parler aux autorités néo-zélandaises » a répondu un responsable militaire fidjien au Fiji Times. Du côté des Samoa, le Premier ministre se montre donc particulièrement placide : « Ma priorité, c’est de donner du travail et à manger à ma population, c’est tout. Les choses dont vous parlez relèvent de problèmes de sécurité importants. Nous sommes tous des amis, nous sommes tous des frères, et nous nous aimons les uns les autres ».
8 mars - Un plan pour lutter contre le chômage des jeunes aux Samoa. C’est l’Organisation internationale du travail qui vient de le lancer, en mettant l’accent sur la formation, car environ 40% des jeunes samoans quittent l’école avant le lycée. L’OIT souhaite les orienter vers des métiers qui pourraient s’avérer cruciaux dans les prochaines années, notamment dans le domaine du changement climatique.
12 mars  - C’est désormais officiel : Tonga va ratifier la convention des Nations unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination contre les femmes. Hormis Tonga, seuls six pays n’ont pas ratifié ce texte de l’Onu, dont l’Iran, le Soudan, la Somalie, et les États-Unis.
- L’atoll principal des Kiribati est coupé en deux. Le pont qui relie les deux parties de Tarawa a été fermé à la circulation pour raisons de sécurité. Les écoliers, étudiants et employés ont été appelés à rentrer plus tôt chez eux, avant que le pont ne soit fermé. La structure aurait été endommagée par la mer. Le pont doit être totalement démoli et reconstruit.
- Les conserveries de thon des Samoa américaines pointées du doigt par Greenpeace. Elles ne respectent pas les normes d’un commerce durable, estime l’ONG de protection de l’environnement. Greenpeace s’est penché sur les méthodes de pêche, mais aussi sur les questions relatives à la protection sociale des salariés. Les trois plus grandes conserveries du pays – StarKist, Bumble Bee et Chicken of the Sea – représentent 80% du marché de thon américain.
15 mars - Le Vanuatu dévasté par le cyclone Pam : « On va devoir recommencer à zéro… » « Un monstre. C’est un monstre qui a frappé le peuple vanuatais. Après ce qui s’est passé, c’est tout le pays qui a été détruit. On va devoir recommencer à zéro. » Très ému, le président de l’archipel du Vanuatu s’est exprimé du Japon, où il assistait à une conférence sur la prévention des risques naturels.
- Il sera bientôt interdit de se marier avant 18 ans en Papouasie-Nouvelle-Guinée. C’est pour protéger les droits des enfants que cette décision est prise, affirment les autorités. Jusqu’à présent, il existait deux lois différentes : il fallait avoir 21 ans minimum pour se marier légalement, tandis qu’un mariage coutumier pouvait unir une fille de 14 ans et un garçon de 18 ans.
16 mars - Cyclone Pam : selon les autorités vanuataises, 24 personnes ont été tuées et 3 300 autres sont actuellement hébergées dans des centres d’accueil. Un bilan toujours très partiel.
- La Banque asiatique de développement octroie 450 millions de dollars à Fidji. Une somme qui doit servir à la construction d’infrastructures locales. Les routes et l’assainissement sont les deux autres priorités établies par l’organisation asiatique, qui a repris son aide en faveur de Fidji en fin d’année dernière, après le rétablissement de la démocratie. Les sommes allouées devront être remboursées sur des périodes variant de 15 à 20 ans, selon les projets.
 17 mars - Le Japon accorde plusieurs aides à Tonga : une subvention de 3 millions de dollars, destinée à la gestion des catastrophes naturelles (achat de bateaux, de matériel d’évacuation et de kits d’urgence), ainsi que 620 000 dollars pour la mise en place de projets locaux.
18 mars - Changement de statut en vue pour l’île de Norfolk. Depuis 35 ans, cette île australienne, située entre la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande, se gère elle-même, avec beaucoup de difficulté. La situation économique du territoire est telle que ses 1800 habitants devront probablement payer des impôts et perdre leur Parlement en juillet prochain. Le gouvernement explique : « Il y a beaucoup de problèmes. Cela fait des années qu’aucun investissement n’a été réalisé. Les routes n’ont pas été refaites depuis les années 1970 et les hôpitaux sont dans un tel état qu’ils ne seraient pas autorisés à fonctionner dans le reste de l’Australie. » Incapable de redresser la situation et de fournir aux habitants le même niveau de service que sur le continent, le Parlement de Norfolk va donc sûrement disparaître. Il sera remplacé par un conseil municipal. Les résidants de l’île seront soumis à l’impôt, mais seront exemptés de TVA. À partir de juillet prochain, ils pourront en revanche avoir accès à la retraite et à la sécurité sociale pour la première fois.
- Qui créera la plus grande réserve marine au monde ? La course continue dans le Pacifique, avec les îles Pitcairn. Ce petit territoire britannique, situé à mi-chemin entre la Nouvelle-Zélande et le Chili, vient d’obtenir l’aval de Londres : l’ensemble des eaux entourant les quatre îles de Pitcairn, soit 836 000 kilomètres carrés, seront placées sous protection. Pour les quelques 50 habitants de ce territoire isolé, il s’agit de protéger l’environnement, mais aussi d’attirer des touristes.
 22 mars - Bikini : les « nomades du nucléaire » cherchent un nouveau refuge. Cela fait près de 70 ans que les habitants de l’atoll Bikini, aux Îles Marshall, sont contraints à l’exil. Poussés hors de leurs terres par les États-Unis, qui y ont réalisé plusieurs essais nucléaires, ils ont d’abord été évacués sur l’atoll de Rongerik. Manquant de nourriture, la population de Bikini a ensuite été déplacée vers un autre atoll des Îles Marshall, Kwajelein, avant de devoir, une nouvelle fois, tout recommencer et aller vivre sur les petites îles de Kili et d’Ejit. Mais aujourd’hui, les quelque 1000 Bikiniens recensés disent subir les effets dévastateurs du changement climatique, et ils demandent donc aux États-Unis de leur accorder l’asile. Les habitants de Bikini avaient déjà cherché à rejoindre le territoire américain il y a trente ans : ils ont fait en sorte d’acheter de grands terrains sur l’île de Maui, à Hawaii, mais cela n’a pas marché. En fait, il y a beaucoup de Bikiniens qui vivent maintenant dans l’État de Hawaï et sur le continent américain, mais ce que le maire de Bikini demande, c’est qu’ils puissent devenir propriétaires pour en faire une terre de peuplement de Bikiniens.
25 mars - L’Australie augmente son aide pour lutter contre la propagation de la tuberculose et du paludisme. 30 millions de dollars supplémentaires seront alloués ces trois prochaines années à des centres de recherche. La Papouasie-Nouvelle-Guinée est particulièrement touchée : 25 000 nouveaux cas de tuberculose ont été diagnostiqués dans le pays en 2013.
- Le Japon et Taïwan accusés de piller les réserves de thon du Pacifique. Les membres de l’Accord de Nauru demandent à ces deux pays d’arrêter de construire des thoniers-senneurs qui épuisent les ressources. Les huit membres du groupe sont les États fédérés de Micronésie, Kiribati, les Îles Marshall, Nauru, Palau, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Îles Salomon et Tuvalu. Ils contrôlent près de 30% de l’approvisionnement mondial en thon.

 

avec Caroline LAFARGUE
ABC /
Radio Australie


 

Beau temps et beaucoup de participantes pour la course “La Tahitienne” devenue populaire. Les fonds recueillis seront utilisés par l’Apac pour venir en aide aux femmes atteintes du cancer. Une véritable marée humaine de 4 000 personnes a déferlé de la mairie de Pirae, dont certains hommes déguisés en femme. (Ph. W. Bringold.) 

 

 A l’occasion des célébrations du Nouvel an chinois, le président Fritch a nommé trois personnalités  du monde associatif et politique, Blanche Chanfour, Robert Tanseau et Eliane Lauzun chevaliers dans l’ordre de Tahiti Nui. (Ph. Présidence).

 


 

La compagnie Air Tahiti Nui a choisi des Boeing 787-900 Dreamliner pour renouveler les quatre avions de sa flotte à partir de 2018, deux appareils en achat et deux en location. Le Territoire s’est porté garant pour les crédits et les loyers. (Ph. Présidence)





La mairie de Pirae a tenu une grande “kick off party” avec un grand son et lumière pour lancer la “Earth Hour”, événement pourtant supposé économiser de l’électricité. Etrange...  (Ph. Présidence)


L'Airbus 400M Atlas de l'armée française a fait escale à Tahiti. Le nouvel avion de transport tactique de l’armée de l’air effectue son premier tour du monde en allant vers l’est, une mission de longue durée. Il fait 42,42 mètres d'envergure pour 45 mètres de long. Sa vitesse maximale est de 780 km/h et son autonomie est de 8500 km. Venant de Melbourne en Australie, il est reparti vers Hawaii après une escale de deux jours. (Ph. Werner Bringold)