N° 286, juin-juillet 2015


4    Grosse tête
 5    Editorial
 6    Courrier des lecteurs
 7    Actualité
 8    Divers
 9    Confidences
10    Affaire Fifa-Temarii
12    Humour
13    Baromètre
14    Image
15    Français à Hawaii   
21    BD
22    Festival du graffiti
25    Iaorana de Simone
26    The Best of LoLo
27    Atoll de Clipperton
31    BD Histoire
32    Ciguatera
34    Libre opinion       
37    Situation de l’adoption   
39    Communauté juive
40    Divers
42    Nouvelle : “Bobcat”
48    Les événements du Pacifique en mai
49    Les événements de Tahiti en mai
50    Balises des îles­­

 

 


HUMOUR



 

 

 

 L’heure du grand changement est arrivée chez Tahiti-Pacifique


Ce numéro est le dernier MENSUEL de votre magazine préféré car le prochain Tahiti-Pacifique sera un HEBDOMADAIRE qui sortira le 14 août prochain dans les kiosques.
En effet, en 2012, Albert Moux avait racheté la majorité des actions de la Sarl Tahiti-Pacifique Magazine tout en nous laissant continuer comme avant, sans jamais interférer. Enfin, il a décidé de « donner un sérieux coup de jeune » à ce périodique devenu emblématique pour la Polynésie française et de mettre les moyens pour sa réussite. Nous l’en remercions.
Eh oui, l’époque des amateurs se termine et votre magazine sera désormais dans les mains de vrais professionnels : alors qu’Alex W. du Prel reste le directeur de la publication (pour garder un œil sur son “bébé”), votre prochain Tahiti-Pacifique hebdomadaire aura Bertrand Parent, ancien rédacteur en chef de La Dépêche de Tahiti, comme nouveau rédacteur en chef. Il sera assisté par toute une équipe de journalistes qui produiront un magazine de qualité avec une toute nouvelle mise en pages, du moderne et du beau, tout en couleur, bien sûr. Il est vrai que notre “maquette” avait pris un sacré coup de vieux, puisqu’elle date de 1991. Mais rassurez-vous, l’esprit critique du magazine sera conservé, tout comme son absolue neutralité politique, son humour (parfois même souvent sarcastique) qui plaît tant à nos lecteurs. Il en est de même pour sa curiosité afin de continuer à aborder des sujets que les autres médias, concentrés sur le quotidien, ne traitent pas. Mais encore, Tahiti-Pacifique restera toujours à l’écoute de la population tahitienne, car il est une règle d’or en matière de communication : on ne peut pas communiquer efficacement en s’asseyant sur l’opinion publique, erreur majeure que le Tahoera’a avait commise en 2003 et qui avait causé sa chute étonnante.
En ce qui concerne nos nombreux abonnés, en France comme dans nos îles, qu’ils se rassurent : la nouvelle  équipe a décidé d’être généreuse. Leur abonnement sera honoré, ce qui veut dire qu’ils recevront un magazine toutes les semaines au lieu d’un par mois, et ce jusqu’à la fin de leur souscription.
En fait, une toute nouvelle ère va s’ouvrir pour Tahiti-Pacifique, puisque ce dernier numéro mensuel dans son état actuel n’est en réalité qu’une relique de l’époque des essais nucléaires et de la toute-puissance du règne de Gaston Flosse, toutes deux des périodes bien révolues et dépassées. N’oublions pas qu’à nos débuts, en mai 1991, ni les scanners ni la photo numérique ni le CD ni Internet n’existaient alors à Tahiti ou ailleurs. Or pour survivre il faut s’adapter à son époque, c’est ce qu’on appelle l’évolution.
Et que les époques changent vite, surtout  à Tahiti ! N’oublions pas que, de 1815 à 1965, en 150 ans, Tahiti et ses archipels sont passés de l’âge de la pierre polie à celui du colonialisme pur et dur. Une mutation rapide et radicale qui a été interprétée différemment selon la classe à laquelle on appartenait : pour ceux qui avaient capté le pouvoir et les ressources, c’était le triomphe de la civilisation et du christianisme sur la barbarie du paganisme et l’ignorance. Pour la majorité de ce qui restait de la population originelle – décimée par les nouvelles maladies introduites par les marins européens et victime d’un véritable choc de civilisations – ce n’était que l’imposition d’un système de société venu d’ailleurs, plutôt incompréhensible, inadapté, et qui ne traitait les manahune pas mieux que leurs anciens arii.
Les 50 années suivantes, de 1965 à aujourd’hui, ont été le théâtre de plus grands bouleversements encore : une immigration massive d’Européens attirés par l’argent de la bombe et la volonté de l’Etat d’imposer à la lettre le compliqué système bureaucratique français, ce qui a surtout réussi à scinder la population en deux groupes, l’un étant une caste néocoloniale d’assimilés jouissant d’une aisance matérielle inégalée dans d’autres îles du Pacifique Sud, financée par la France et sans relation aucune avec les ressources réelles des îles ; l’autre étant une sorte de nouveau sous-prolétariat vivant dans une précarité permanente et un dénigrement constant.
Pour ceux qui ne se définissent pas par rapport à l’une ou l’autre de ces catégories, aujourd’hui encore Tahiti et ses îles continuent de se projeter comme le théâtre de l’affrontement des deux mythes hérités du siècle des Lumières, ceux du Progrès et du Bon Sauvage. Les autochtones sont certes plus instruits et pour certains d’entre eux plus riches que dans l’ancienne Tahiti, mais avec un « mal de vivre » que tant d’observateurs continuent de remarquer. Comme l’écrit Christian Huetz de Lemps, tel est le « sanglot de l’homme blanc » en Polynésie : la civilisation n’apporte pas le bonheur.
Mais encore, si les nouveaux moyens de communication (surtout la télévision, un peu Internet) ont ouvert la magnifique fenêtre des connaissances, ils ont aussi apporté le pire, la culture de la consommation vaine et futile, la violence gratuite et l’érosion rapide des spécificités culturelles et comportementales des Polynésiens, pourtant tout le charme de nos îles.
Mon dieu, que tout cela est compliqué !
Allez, bonne lecture et merci pour votre fidélité.

Alex W. du PREL
directeur de la publication


Evénements à Tahiti et ses îles

 1er mai - Après 28 jours de grève, le conflit perdure à l’Huilerie de Tahiti.

2 mai - La commune de Pirae fête ses
50 ans.

3 mai - Sénatoriales : les deux candidats d'Edouard Fritch sont élus au premier tour. Nuihau Laurey obtient 380 voix (53,5% des 699 bulletins exprimés) et Lana Tetuanui 356 voix. Les candidats officiels du Tahoera'a voient leur score du vote de septembre 2014 dégringoler : Vincent Dubois obtient 240 voix et Teura Iriti 225 voix. « C'est la plus grande trahison de ma carrière politique », déclare Gaston Flosse. Richard Tuheiava (UPLD) obtient 62 voix. La liste dissidente de l'UPLD conduite par Tauhiti Nena et Jacky Bryant obtient respectivement 45 voix et 31 voix.

5 mai - L'université de Polynésie organise ses septième Doctoriales, rencontres entre jeunes chercheurs et grand public. 32 doctorants présentent leurs travaux.
- Affaire du terrain de Orofara (Mahina) : l'ancien maire de Mahina, Emile Vernaudon, jugé pour détournement de fonds publics, écope de 18 mois de prison ferme, 5 millions d'amende et 5 ans d'inéligibilité. 18 mois de prison dont 12 avec sursis, 3 ans d'inéligibilité, 5 millions d'amende et le remboursement des sommes détournées sont requis contre Joinville Pomare qui louait des terres en 2003 à la mairie, sans en être propriétaire.  

6 mai - La première pierre du projet aquacole de Hao (Tuamotu) est posée en présence du groupe chinois Tahiti Nui Ocean Foods et du président Édouard Fritch. La ferme aquacole prévoit de produire 50 000 tonnes de poissons chaque année.

7 mai - Quinze élus issus du Tahoera’a Huiraatira constituent un quatrième groupe à l’assemblée appelé Tapura Huiraatira, ce qui redistribue les cartes à l’assemblée : le nouveau groupe prend la présidence de quatre commissions, dont celle de l'économie, des finances, du budget et de la fonction publique.
 - Grève à la société Gaz de Tahiti. La production est à l’arrêt. Les stations-service ne sont plus livrées.

12 mai - Les infirmiers libéraux sont en grève depuis deux semaines. Ils se plaignaient des retards de paiement de la Caisse de prévoyance sociale (CPS).
- L'Huilerie de Tahiti entame son 40e jour de grève. Les syndicats réclament toujours l’octroi d’un treizième mois, la suppression des caméras de surveillance et l’extension des heures de nuit. Dans les îles, le coprah n’est plus ramassé. Les entrepôts débordent avec 2000 tonnes de coprah en stock.
- Le Tahoera'a Huiraatira déclare démissionnaires d'office les 15 représentants frondeurs qui ont composé le nouveau groupe Tapura Huiraatira à l’assemblée. 
- Edouard Fritch et les deux nouveaux sénateurs Nuihau Laurey et Lana Tetuanui rencontrent François Hollande à Paris.

13 mai - Reynald Temarii, directeur général de la Fédération tahitienne de football, ancien vice-président de la Fifa, est suspendu huit ans de « toute activité liée au football aux niveaux national et international » par la chambre de jugement de la commission d’éthique de la Fifa. Il est sanctionné après avoir accepté « un montant de 305 640 euros  [36,5 millions Fcfp] de M. Mohamed bin Hammam, alors membre du Comité exécutif de la Fifa et président de l'AFC, pour couvrir ses frais de procédure dans le cadre d'un appel interjeté contre sa précédente suspension prononcée par la Commission d'éthique de la Fifa le 17 novembre 2010 ».
- Sénatoriales : les candidats perdants Vincent Dubois et Teura Iriti (Tahoera'a Huiraatira) déposent une demande d'annulation du scrutin. Ils dénoncent la campagne des deux sénateurs élus : Nuihau Laurey et Lana Tetuanui auraient été présentés auprès des grands électeurs comme les candidats soutenus par le gouvernement.

15 mai - La présence de méduses est signalée dans les eaux de la côté est de Tahiti.
- Un préavis de grève est en cours au journal la Dépêche de Tahiti.

17 mai - Célébration à Faa’a du 2e anniversaire de la réinscription de la Polynésie sur la liste des pays à décoloniser.

18 mai - Reprise de l’activité à l’Huilerie de Tahiti après 43 jours de grève. 
- La direction de la Santé mènent des enquêtes sur l'épidémie de chikungunya qui a sévi en Polynésie françaises à partir d'octobre 2014.

19 mai - La commune d’Arue s'équipe d’un système de surveillance de 33 caméras.
- L'ancien président Gaston Flosse est débouté de sa plainte déposée en 2013 après la publication d'un article sur l'enquête concernant la disparition de Jean-Pascal Couraud (JPK) par les journalistes du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme.
- Standard & Poor’s révise la note de la Polynésie de « positive » à « stable ». Le pays reste à « BB+ ».
- Antonio Perez, élu A Ti’a Porinetia à l’assemblée, est condamné pour violences en état d’ivresse.

20 mai - L’Etat annonce la création d'une “commission d’information auprès des anciens sites d’expérimentations nucléaires du Pacifique (atolls de Mururoa et Fangataufa en Polynésie française)”. La commission aura pour mission d'informer le public sur l'impact des essais nucléaires.
- A Moorea, le conseil municipal destitue deux adjoints au maire pro-Fritch et les remplace par deux élues pro-Flosse.
- Deux ans de prison avec sursis sont requis contre Hiro Tefaarere. Il est reproché à l’ancien président du conseil d’administration de la Sétil-Aéroport d'avoir, en 2008, voulu effacer les dettes d’une société de duty-free.

21 mai - Le groupe mexicain Aquakita, leader mondial des parcs aquatiques, signe un protocole d'accord pour devenir majoritaire dans le golf de Temae, à Moorea. Il veut y construire un hôtel et un parc aquatique, pour un investissement atteignant les 4,7 milliards Fcfp.
Le groupe Aquakita serait également prêt à investir 15 millions d'euros (1,77 milliard Fcfp) dans la construction d’un parc de loisir aquatique à Mahina.

22 mai - Le régime des retraites est au bord du gouffre et les membres du Syndicat de défense des retraités actuels et futurs (Sdiraf) tirent la sonnette d’alarme.

26 mai - Six ministres (Jean-Christophe Bouissou, René Temaharo, Tearii Alpha, Nicole Sanquer, Frédéric Riveta et Patrick Howell) et un député (Jean-Paul Tuaiva) sont démissionnés d’office du Tahoera’a Huiraatira. Le parti de Gaston Flosse annonce que le gouvernement n’est plus considéré comme Tahoera’a et qu’il s’opposera désormais aux décisions d’Édouard Fritch.

27 mai - Remaniement ministériel dans le gouvernement d'Edouard Fritch. Teva Rohfritsch, leader de A Ti'a Porinetia, est nommé en charge de la Relance économique, de l'Economie bleue, de la Politique numérique et de la Promotion de l'investissement. « En le faisant entrer au gouvernement, je souhaite envoyer un signe fort a A Ti’a Porinetia pour qu’ensemble nous scellions un partenariat et pour que, tous ensemble, nous soutenions notre gouvernement qui vient d’être abandonné par le Tahoera’a Huiraatira », déclare Edouard Fritch.
- Gaz de Tahiti : après 21 jours de grève, le bras de fer entre la direction et les syndicats CSIP et UTHP continu malgré la situation critique au niveau de l’approvisionnement en bouteilles de gaz.
- Le service de radiologie du Centre hospitalier de Polynésie française (CHPF) est de nouveau en grève.

28 mai - Une intersyndicale dépose un préavis de grève générale au CHPF.

29 mai - Reynald Temarii est auditionné à la DSP dans le cadre d’une enquête préliminaire pour des faits de corruption présumée. Quinze jours après la sanction disciplinaire prononcée par la Fifa, la justice enquête pour savoir si les sommes que reconnaît avoir perçues l’ancien vice-président de la Fifa l'ont été en Polynésie française.

Juliette DOUCET


Evénements dans le Pacifique Sud

 1er mai - États Fédérés de Micronésie : Barack Obama reconnaît l’état de catastrophe naturelle, après le passage du cyclone Maysak en avril, ainsi qu’à l’Etat de Chuuk. 
- Kiribati : le rédacteur en chef de la radio publique a été licencié. Motif : il a rediffusé un reportage de la radio néo-zélandaise  sur le projet d’institution de la peine de mort dans le pays. Un reportage qui montre que le président de Kiribati, Anote Tong, est favorable à la peine capitale.
 4 mai - Aux Îles Salomon, les « t-shirts rouges » continuent de manifester contre les nouveaux privilèges des députés. Selon eux, il n’est pas légal d’exempter les députés d’impôts. Depuis le 1er avril, les élus salomonais bénéficient aussi de nouveaux avantages en matière de retraite et leurs salaires ont été augmentés de 4%.
5 mai - Le Vanuatu face au défi de la reconstruction alors que l’aide internationale ralentit. Après le passage de Pam, l’aide internationale s’est très vite mise en place et les organisations humanitaires sont toujours au Vanuatu, mais les dons se raréfient.
- Les pêcheurs de thons à la senne ont trouvé un accord pour tenter de mettre fin à la crise : ils vont réduire leur effort de pêche de 35% d’ici la fin de l’année. Cela concerne l’ouest et le centre du Pacifique, mais aussi les océans Atlantique et Indien. L’est du Pacifique n’est pas inclu. Depuis plusieurs mois, l’industrie de la pêche au thons est en grande difficulté en raison d’un trop grand nombre de poissons sur le marché.
- C’est la fin d’un combat judiciaire de 40 ans, dans le Territoire du nord australien : une parcelle de terrain de 200 hectares a été restituée au peuple aborigène Yanyuwa. Le terrain restitué comprend des îles et représente un potentiel touristique important, avec notamment des dugongs et de nombreuses espèces de dauphins à observer.
6 mai - La chasse aux dauphins se poursuit aux Îles Salomon. Chaque année, des centaines de dauphins sont chassés dans la province de Malaita, aux Îles Salomon. En 2013, par exemple, 1 600 de ces cétacés ont été tués. C’est ce que rapportent des chercheurs dans une étude publiée par la Royal Society Open Science. Selon eux, cette pratique est particulièrement courante dans le village de Fanalei, dans le sud de la province.  Dans la province de Malaita, les dauphins sont une source de nourriture, mais leurs dents sont aussi utilisées par les hommes comme une monnaie coutumière pour payer la dot. Selon les auteurs de l’étude, le prix d’une dent est passé de 0,18 $ en 2004 à 0,88 $ en 2013. Cette augmentation motive les habitants à pêcher encore davantage de dauphins. En 2010, l’organisation écologiste, Earth Island, avait tenté de mettre fin à cette pratique. L’institut américain avait promis de donner 250 000 dollars aux communautés locales de Fanalei et Walande pour qu’elles renoncent à leurs pratiques traditionnelles. L’argent devait les aider à mettre en place des projets de développement pour remplacer la vente de chair et de dents de dauphins. Mais cet argent s’est perdu en route et a engendré des tensions au sein des villages. « La corruption des gens basés à Honiara a empêché les vrais bénéficiaires de l’accord, les villageois, de toucher quoi que ce soit. La plupart des sommes versées ont tout simplement disparu. » En février 2013, les villageois de Fanalei ont tué au moins 1000 dauphins pour protester contre ce qu’ils estimaient être une promesse non tenue.
- Triste record pour la région : huit des dix pays qui comptent le plus d’obèses dans le monde sont des États du Pacifique. Nauru arrive en tête, avec 94% de personnes obèses, selon l’Organisation mondiale de la santé. Dans trois autres pays de la région, plus de 90% des habitants sont considérés comme obèses – il s’agit des États fédérés de Micronésie, des Îles Cook et de Tonga. Causes : l’alcoolisme, la malbouffe et le manque d’exercice.
8 mai - Légère hausse du chômage en Australie. Le taux est passé de 6,1% en mars, à 6,2% en avril.
10 mai - Indonésie : les journalistes étrangers peuvent désormais « se rendre librement en Papouasie occidentale ». C’est l’arrestation de deux journalistes français en août dernier qui a précipité cette décision.
- Les petites îles du Pacifique vont-elles disparaître à cause de la montée des eaux ? Pour le moment, c’est le contraire qui se produit, révèlent des chercheurs, qui se sont intéressés aux Îles Marshall, à Kiribati et à Tuvalu. Soit les îles font la même taille qu’auparavant, soit elles grossissent, expliquent les scientifiques. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de changement, mais seulement que ces territoires ont réussi à s’adapter à ces changements, jusqu’à présent.
12 mai - Le Pacifique, grand gagnant du budget australien. Le gouvernement australien a présenté son budget 2015/2016. L’aide au développement a échappé à de nouvelles coupes, mais les restrictions annoncées ces dernières semaines se font sentir. Globalement, tout le Pacifique est épargné par les coupes. Il y a seulement une petite réduction de 5% pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Le gouvernement a clairement dit que le Pacifique restait la région prioritaire au sein de la région indo-Pacifique. Le bassin indo-Pacifique reçoit 90% de l’aide australienne.
17 mai - Le nombre de Maoris dans les prisons néo-zélandaises est trop élevé, dénonce l’Onu. La moitié des prisonniers du pays est maorie, alors qu’ils ne représentent que 15%, environ de la population totale, souligne le comité des Nations unies contre la torture.
18 mai - Tonga fait face à une sécheresse qui pourrait durer plusieurs mois. Cela fait déjà un moment que le royaume est confronté à un manque d’eau et la situation risque de s’aggraver avec l’arrivée annoncée du phénomène El Nino, selon le service météo tongien. Les 7 000 habitants de l’île d’Eua sont les premiers concernés, leurs réservoirs d’eau sont pratiquement à sec. Mais la sécheresse commence aussi à se faire sentir dans la capitale, Nuku’alofa.
19 mai - L’île de Norfolk va produire et exporter du cannabis thérapeutique. La société TasCann vient d’obtenir le feu vert des autorités pour cultiver des plants sur cette île australienne autonome. Une première tonne de cannabis devrait être exportée dans un an au Canada. Une entreprise internationale de sécurité sera chargée de surveiller la plantation.
- L’Onu appelle le Vanuatu à être plus flexible avec les donateurs internationaux. Le gouvernement devrait se préoccuper davantage des résultats et ne pas chercher à tout contrôler, recommande ainsi Haoliang Xu, administrateur du Pnud (Programme des Nations unies pour le développement). Quelques jours après le passage du cyclone Pam, le gouvernement vanuatais avait critiqué les ONG, leur reprochant de ne pas coordonner leurs opérations.
- En Nouvelle-Zélande, une marque de chocolat vient de sortir une nouvelle gamme de produits réalisés avec de la vanille des Tonga et du cacao des Samoa. En plus d’embaucher du personnel local, l’entreprise a aidé à fournir eau et électricité au village de Vava’u, aux Îles Tonga, où se situe la plantation de vanille.
21 mai - « Le Samoa américain doit rester sur la liste de l’ONU des territoires à décoloniser. » C’est ce qu’a déclaré le gouverneur samoan américain, Lolo Moliga, lors de la conférence sur la décolonisation organisée par  l’ONU au Nicaragua.
 24 mai - En Papouasie-Nouvelle-Guinée, une femme accusée de sorcellerie a été tuée par un groupe d’hommes dans la province d’Enga, dans la région des Hautes-Terres. Cette femme avait été secourue par des missionnaires et des chefs coutumiers, en janvier dernier. Avec deux autres villageoises, elle était accusée d’être responsable d’une épidémie de rougeole, qui avait causé plusieurs décès, l’année dernière.
- Le Japon va donner près de 580 millions de dollars aux îles du Pacifique pour les aider à lutter contre le changement climatique et les catastrophes naturelles.
26 mai - Les Îles Marshall vont devoir rembourser 1 million de dollars aux États-Unis. Cette somme avait été donnée par le gouvernement américain il y a huit ans pour financer la construction d’une école primaire à Majuro. Mais les travaux n’ont toujours pas commencé, et tout l’argent a été dépensé pour la réalisation des études de conception.
28 mai - Kiribati : arrestation d’un Robinson Crusoé français sans papiers, l’unique habitant de l’atoll de Millenium (Caroline), situé à 800 km au nord de Bora Bora, en plein milieu du Pacifique.

 
avec Caroline LAFARGUE et Elodie LARGENTON à Radio Australie


 

Le premier des deux matchs amicaux entre la sélection tahitienne de beach soccer et la sélection suisse s’est déroulé dans les jardins de Paofai. Le match a été de toute beauté, le suspense a duré jusqu’aux dernières secondes du match, qui s’est terminé par la victoire des Suisses 8 à 7.
(Ph. W.B.)
 

 

La Croix-Rouge de Polynésie organisait sa levée de fonds annuelle. Deux stands étaient installés et l'un d'eux était tenu par Miss Tahiti 2014, Hinarere Taputu. (Ph. W.B.)
 


Visites à répétitions de délégations chinoises à Tahiti, grandes cérémonies de lancement de projets,
mais toujours aucun coup de pelle sérieux ou commencement de travaux. (Phs gouvernement)


Enième création d’une commission d’études sur les conséquence des essais nucléaires. Dix-neuf ans après l’arrêt  du CEP, la polémique continue de faire rage et le gouvernement local l’encourage en espérant obtenir des compensations pour remplir les caisses exsangues du territoire. (Ph. Gvt)



Décédé : Tetua Mai, leader indépendantiste et ex-“président” de la P.F., à l’âge de 76 ans, à Tahiti.
En 1982 et 1983, Tetua Mai s’était autoproclamé « président de la république ma’ohi ». Il se déplace  plusieurs mois durant (!) dans Papeete au vu et su de tous à bord d’une camionnette avec la plaque d’immatriculation ‘Peretiteni’, escorté par une garde personnelle composée de deux motards en uniforme.  Lorsque ces gardes ont arrêté et emprisonné deux vrais  policiers, l’Etat s’est réveillé  et a mis un terme à l’opéra-bouffe. Tetua Mai est aussi l’inventeur de la “carte d’identité maohi”. Ph. DR